L'ampleur du réseau de trafics nucléaires d'origine pakistanaise mis au jour au début de 2004 a confirmé, s'il en était besoin, les dangers de la prolifération. Jusqu'ici, le Traité de non-prolifération (TNP), conclu en 1968, avait réussi à contenir la dissémination de ces armes (1). Mais il est à craindre que, dans ce domaine, les verrous technologiques et les tabous politiques ne soient en voie d'affaiblissement rapide. Depuis la fin de la guerre froide, en effet, la perception d'une " menace américaine " a conduit certains pays, abandonnés par leurs anciens protecteurs, à renouer avec la tentation nucléaire : la supériorité militaire des États-Unis et la guerre contre le terrorisme créent un sentiment d'insécurité qui, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, encourage les États à accélérer leurs programmes afin de se protéger. Le nucléaire n'est pas l'arme du pauvre, mais l'arme du faible.