Le directeur de la Fondation pour la recherche stratégique analyse les conséquences multiformes des attentats commis contre le World Trade Center et le Pentagone le 11 septembre dernier. Ces événements marquent, selon lui, la fin de l'après-guerre froide et l'entrée dans l'ère de l'hyper-terrorisme. Des mouvements messianiques, dont le programme n'est pas politique mais métaphysique, recourent désormais à un "terrorisme de destruction massive". Face à cette modification de la nature des menaces et des règles du jeu international, il convient de réagir de deux manières : par une action militaire rapide, couplée, sur le long terme, à toute une panoplie de mesures diplomatiques, financières et policières. La lutte contre le terrorisme va devenir l'élément structurant de la politique extérieure de Washington et l'outil militaire américain sera profondément réformé (renforcement de la homeland defense, accélération du projet de défense antimissile, remise en cause du concept de "zéro mort"...). Plus largement, nous allons assister à une impressionnante série de bouleversements géopolitiques : alliance russo-occidentale, recomposition en Asie du Sud, remise en cause de certains aspects de la mondialisation (liberté des communications sur Internet ; secret bancaire ; liberté de circulation...)