Ce sont les certitudes de deux décennies de stratégie américaine au Moyen-Orient qui ont volé en éclats lors des terribles attentats du 11 septembre dernier. Paradoxalement, à l'origine de ce qui est aussi un désastre de dimension mondiale, on trouve d'abord un conflit purement local - le contentieux frontalier vieux d'un demi-siècle entre le Pakistan et l'Afghanistan - qui s'est étendu comme une métastase. Déterminés à réduire l'Afghanistan voisin à l'état de protectorat à la suite du retrait soviétique, les Pakistanais et leurs bailleurs de fonds saoudiens, avec la longue complaisance des Etats-Unis, ont armé contre les Russes les mouvements islamistes les plus radicaux. Objectif : prendre le pouvoir à Kaboul et remplacer l'ancien nationalisme afghan par une idéologie religieuse censée maintenir le pays dans une double soumission politique à Islamabad et à Riyadh. C'est la logique inhérente à cette même idéologie qui, inévitablement, a conduit à l'explosion du terrorisme international.