Depuis le mois d'avril 2001, se déroule en Chine l'une des plus violentes campagnes d'exécutions capitales que le pays ait connues au cours des vingt dernières années. Survenant à un moment où Pékin manifeste de plus en plus visiblement le désir de s'intégrer à l'ensemble du monde développé, à quelques mois de son entrée dans l'OMC, cette vague de violence institutionnelle surprend par son ampleur. La volonté de maintenir la stabilité justifie-t-elle de telles mesures ? Faut-il y voir une sorte de préparation à la passation de pouvoir qui doit avoir lieu l'an prochain, lors du XVIe congrès du Parti communiste chinois ? Ou bien le régime, renonçant à tout faux semblant, aurait-il décidé de prouver aux citoyens qu'il tient la situation bien en main et qu'il les protège efficacement contre tous les "mauvais éléments" ? La question est d'autant plus grave qu'elle concerne, pour cette seule année, au moins trois mille Chinois qui vont trouver (ou ont déjà trouvé) la mort sans que personne ne se préoccupe de leur sort.