La jubilation affichée par certains Chinois, notamment sur Internet, lors des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, souligne l'évolution nationaliste de l'opinion chinoise. En fait, la disparition de la menace commune soviétique et l'impressionnant décollage économique de la Chine dans les années 90 scellent le sort du rapprochement stratégique sino-américain opéré naguère sous Nixon et Kissinger. D'autant que les ambitions de Pékin en Asie se heurtent à l'influence de Washington dans la région, comme l'ont illustré les accès de tension observés depuis 1996. Mais l'équation sino-américaine est complexe, et elle repose sur de très intenses relations économiques et commerciales. Rivalité stratégique sur fond d'interpénétration des intérêts économiques : la situation est fort différente de celle qui régnait à l'époque de la guerre froide. En fait, la Chine est dépendante des Etats-Unis (exportations, investissements, transferts de technologie), ce qui devrait la conduire, en tout cas à court terme, à préserver ses relations avec ce pays. En attendant de retrouver une puissance suffisante pour regagner des marges d'autonomie.