Interrogé par Jean-Paul Picaper, le ministre allemand de l'Economie s'explique sur la crise de langueur que traverse son pays depuis quelques mois. Malgré une politique d'ouverture des marchés, de baisse des impôts et de dérégulation, le niveau de chômage reste élevé et la croissance fléchit. Bien plus que le poids de la bureaucratie, les rigidités du marché du travail ou les entraves à la concurrence, Werner Müller invoque une faiblesse conjoncturelle d'autant plus passagère que l'introduction de l'euro, le 1er janvier prochain, ne pourra qu'encourager la croissance dans tous les pays membres de l'Union européenne. Mais l'économie allemande, souligne-t-il, est une économie ouverte sur le monde et, en tant que telle, particulièrement exposée aux oscillations de la conjoncture extérieure. Il est donc normal que le ralentissement américain se fasse sentir en Allemagne. Le ministre n'envisage pas, pour autant, de déroger aux règles strictes du Pacte de stabilité en matière de déficits publics.