A deux mois du passage à l'euro, le ministre italien des Finances, répondant aux questions de Richard Heuzé, se livre à une revue de détail de l'économie de son pays. Même si, comme partout, des difficultés d'adaptation sont à attendre, Mario Baldassarri estime que ses concitoyens sont prêts à affronter avec succès cette échéance historique. Depuis trois ans, la lente érosion de l'euro face au dollar n'est pas, selon lui, le signe d'une faiblesse intrinsèque de la monnaie européenne mais simplement le reflet du dynamisme de l'économie américaine. Il faut, affirme M. Baldassarri, que l'Europe se donne les moyens de se développer indépendamment du reste de la planète, en toute autonomie. Pour cela, elle doit se débarrasser des pesanteurs bureaucratiques et étatiques qui entravent sa croissance. De ce point de vue, l'Italie paie le prix de cinq ans de gestion de centre gauche. Elle a de nombreux progrès à faire, notamment en matière de réduction des déficits publics.