Politique Internationale - La Revue n°115 - PRINTEMPS - 2007

sommaire du n° 115
GRECE: UNE POLITIQUE ETRANGERE SANS COMPLEXE
Entretien avec Dora BAKOYANNIS
conduit par
Isabelle Lasserre
Chef adjointe du service Étranger du Figaro et Jean CATSIAPIS
Maître de conférences à l'Université Paris-X, spécialiste de la Grèce et de Chypre
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Isabelle Lasserre et Jean Catsiapis - Vous êtes, selon les sondages, la personnalité la plus populaire de Grèce. L'organisation City Mayors vous a même décerné, en 2005, le titre de « World Mayor » pour le travail remarquable que vous avez accompli à la mairie d'Athènes (1). Comment expliquez-vous cet engouement ?


Dora Bakoyannis - Les Grecs en ont assez des hommes et des femmes politiques qui ne parlent que la langue de bois. Ils récusent le « politiquement correct ». Moi, je parle comme je pense. Et cela plaît aux gens.


I. L. et J. C. - Vous avez dû quitter la Grèce avec vos parents au moment de l'arrivée des colonels (2). Dans quelle mesure cet exil forcé vous a-t-il influencée ?


D. B. - L'exil est une expérience très douloureuse pour une enfant de quatorze ans qui ne sait pas si elle est partie pour un an ou pour toujours. Mais, rétrospectivement, ce séjour en France m'a aussi donné le sens de l'Europe. Élève dans une école allemande à Paris, dans un milieu très international, j'étais aux premières loges pour assister à l'émergence de l'idée européenne.


I. L. et J. C. - Quelles sont les valeurs que votre père vous a transmises ?


D. B. - Mon père a été deux fois condamné à mort par les Allemands. Il a été emprisonné sous la dictature des colonels. Il s'est toujours battu pour ses convictions. Il m'a appris deux choses : la première, c'est qu'il n'y a qu'une force en politique, le peuple. La seconde, c'est la différence entre un politicien et un leader. Le politicien se préoccupe uniquement du lendemain. Le leader, lui, s'efforce de voir plus loin ; il doit se comporter de manière responsable vis-à-vis du peuple, oser lui dire les choses, même quand elles sont désagréables. Répondre aux inquiétudes et aux espoirs de mon pays, quelles que soient les résistances, ne pas céder à la facilité : c'est ma manière d'aimer la Grèce et d'essayer de rendre aux Grecs ce qu'ils m'ont donné. C'est ce que je fais, par exemple, en plaidant pour l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.


I. L. et J. C. - Serez-vous la première femme à accéder au poste de premier ministre en Grèce ?


D. B. - Dans mon pays, la question est encore largement taboue mais, en définitive, je ne pense pas que les électeurs nous jugent en tant qu'homme ou en tant que femme. Ils se déterminent en fonction des compétences. Le jour du vote, les candidats, comme les anges, n'ont pas de sexe...


I. L. et J. C. - Le mont Athos qui, sur le plan juridique, dépend de votre ministère, est interdit aux femmes. Comment faites-vous pour vous assurer que les lois de la République grecque y sont respectées ?


D. B. - Que voulez-vous que je fasse ? J'y envoie un homme (3) ! Lorsque j'avais vingt ans, je ne supportais pas cette ségrégation. Mais un professeur m'a persuadée que certaines choses devaient rester comme elles sont. Finalement, j'ai du respect pour cette tradition. Bien que je ne puisse pas visiter le mont Athos moi-même, je reçois souvent des représentants de la communauté monastique pour discuter en prenant une tasse de café. Ils savent apprécier la compagnie des femmes...


I. L. et J. C. - Le dernier attentat commis en Grèce le 12 janvier dernier, revendiqué par Lutte révolutionnaire (4), a rappelé que le pays n'avait pas éradiqué le terrorisme...


D. B. - En Grèce, le terrorisme prend deux formes. Une forme interne, d'abord, dont mon mari fut la victime (5). Nous avons mis longtemps à nous débarrasser de ce terrorisme d'extrême gauche ; c'est maintenant chose faite : ses principaux leaders sont en prison (6). Nous avons pu ainsi organiser les Jeux Olympiques de l'été 2004 dans la sérénité. Et, pourtant, personne à l'époque ne pensait que ce serait possible. Il reste bien des petits groupes anarchistes qui se manifestent de temps à autre, mais ils sont isolés et marginalisés. Et puis, il y a le terrorisme international. Celui-là, il faut le combattre tous ensemble. 


I. L. et J. C. - Pourquoi, selon vous, Paris a-t-il perdu les Jeux Olympiques de 2012 ?


D. B. - Paris avait un très bon dossier. Mais la décision, au final, s'est faite sur des bases politiques. Les questions de sécurité ont joué un rôle déterminant car, à l'époque, le Comité olympique redoutait une attaque terroriste. D'ailleurs, si l'attentat dans le métro de Londres (7) avait eu lieu trois jours plus tôt, Paris aurait sans doute gagné. Si cela peut vous consoler, Athènes l'a emporté de très peu et cette victoire lui a coûté cher... Rien que les mesures de sécurité ont représenté une dépense de 1,2 milliard de dollars. Ce fut un fardeau très lourd pour un petit pays comme le nôtre. Mais nous, les Grecs, nous travaillons un peu comme on danse le sirtaki : on commence lentement et, quand la pression augmente, on accélère...


I. L. et J. C. - Avez-vous des idées pour relancer l'Europe ?


D. B. - L'Europe sera au coeur de tous les agendas politiques en 2007. Je représente un pays qui a ratifié la Constitution. Un pays qui croit en l'Europe. Et je suis convaincue que l'Europe ne peut pas se permettre d'attendre ceux qui ne veulent pas avancer.
Pour les vieux pays membres, l'Europe est perçue comme un fait accompli. Or rien n'est jamais définitif. L'UE doit continuer à être considérée comme un chantier. Sinon, ses acquis seront mis en danger. Pour éviter les échecs des référendums, il aurait fallu respecter davantage les gens et leur parler de politique. Le drame de l'Europe, c'est qu'on n'y parle plus politique. Il n'y a plus de place que pour le jargon technocratique. Même moi, j'ai parfois besoin de traduction... Vous connaissez la boutade de Kissinger qui demandait un jour à qui il devait téléphoner « pour parler à l'Europe » ? Eh bien, je voudrais qu'il sache à qui s'adresser. Je voudrais qu'il y ait un ministre européen des Affaires étrangères, même si je dois en sentir les conséquences et aller pointer au chômage ! Au Liban, l'Europe était unie et ça a marché. En Irak, nous étions divisés, et nous en paierons le prix pendant longtemps.


I. L. et J. C. - Jusqu'où faut-il élargir l'Europe ?


D. B. - Nous voulons plus d'Europe ; pas moins d'Europe. Nous n'avons pas peur de l'élargissement. Les Grecs sont des Européens convaincus ; ils sont reconnaissants envers l'Europe, dont ils ont reçu beaucoup d'aide. Si à l'époque il n'y avait pas eu la France pour nous soutenir, la Grèce serait restée à la traîne. Aujourd'hui, je suis ravie que l'Union européenne se soit ouverte au Sud. Depuis l'adhésion de la Bulgarie, c'est la première fois que nous avons des frontières avec le reste de l'Europe ! Il est trop tôt pour poser des limites. Si l'on avait posé des limites, il y a dix ans, on aurait fermé la porte aux Balkans. C'est la diversité de son héritage qui rend l'Europe forte. S'il fallait absolument tracer une ligne, je dirais que l'Europe s'arrête là ou s'arrêtent ses valeurs.


I. L. et J. C. - La Turquie est-elle européenne ?


D. B. - Il faut avant tout se mettre d'accord : l'Europe doit-elle être un club chrétien ou un club de valeurs ? Pour moi, elle doit être un club de valeurs. Car, si elle est un club chrétien, que direz-vous aux musulmans de France ou d'Allemagne ? Qu'ils sont des Européens de seconde classe ? Ne comptez pas sur moi ! Moi, je leur dis : si vous êtes citoyens d'Allemagne ou de France, vous êtes citoyens de cette Europe des valeurs...
Il est clair qu'à l'heure où nous parlons la Turquie n'est pas prête à entrer dans l'Europe. Personne, en Grèce, ne le conteste. Elle doit encore parcourir un long chemin. Mais si elle y parvient, si elle réalise des réformes et si, dans dix ou quinze ans, elle remplit les critères pour adhérer à l'UE, nous aurons franchi un pas important. Nous aurons enfin des voisins européens à l'est ! Et ce sera également important pour l'Europe. Quel message voulons-nous adresser à la Turquie ? Qu'un pays qui n'est pas un pays chrétien peut devenir un pays stable et moderne, pour peu qu'on lui offre la chance d'intégrer nos valeurs. Nous, les Grecs, avons vécu longtemps avec le monde musulman. Et c'est parce que nous le connaissons très bien que nous n'avons pas peur de l'islam.
La seule fois où la presse grecque a fait très attention, c'est avec les caricatures du Prophète (8). Les Grecs ont tout de suite compris qu'ils commettraient une faute en reproduisant ces dessins.


I. L. et J. C. - L'Europe se comporte-t-elle honnêtement envers la Turquie ?


D. B. - Pas complètement. Et les Turcs s'en rendent compte. On leur demande de faire des réformes et de réduire le poids de l'armée dans les structures de l'État. Très bien. Mais nous, pendant ce temps, que faisons-nous ? Nous réfléchissons ; et, au bout de vingt ans, nous déciderons. Ce n'est pas suffisant. Le message de la Grèce est le suivant : si la Turquie répond aux critères, il faut qu'elle obtienne une pleine adhésion. L'Union doit parler le même langage quel que soit l'État candidat, sinon sa crédibilité sera remise en cause. De son côté, la Turquie doit honorer ses engagements : elle a signé le protocole d'Ankara (9) et elle doit le respecter (10).


I. L. et J. C. - Avez-vous une politique de rechange vis-à-vis d'Ankara si le rapprochement avec l'Europe ne se réalise pas ?


D. B. - Nous ne nous sommes jamais fait d'illusions. Nous savions que la procédure serait longue et laborieuse. Une lutte interne oppose les réformistes pro-européens aux anti-européens, qui sont nombreux. Que sortira-t-il de ces deux philosophies antagonistes ? Il est trop tôt pour le dire. Mais nous espérons que, malgré les échecs et les reculs, la Turquie évoluera dans le bon sens. Notre devoir est, en tout cas, de l'y encourager. Si nous réussissons, ce sera une bonne nouvelle pour la stabilité régionale. Et si l'Europe rejette la Turquie, la Grèce continuera sa politique de rapprochement bilatéral.


I. L. et J. C. - Le peuple grec, lui, n'est guère partisan de l'entrée de la Turquie en Europe. Comment peut-on gouverner contre son opinion publique ? Votre parti, la Nouvelle Démocratie, ne risque-t-il pas de le payer cher ?


D. B. - Les Grecs sont d'accord avec notre politique de sécurité et de coopération économique averc Ankara. Et ils savent que la Grèce n'a pas donné de blanc-seing à la Turquie. Nous sommes les premiers à dire à nos amis turcs qu'il n'y a pas d'Europe à la carte. Ankara doit accepter l'acquis communautaire tel qu'il est ou le refuser. Il n'a jamais été question que la Turquie passe des accords avec vingt-six pays membres et pas avec le vingt-septième (11). Si la Turquie entre un jour dans l'Europe, c'est qu'elle aura respecté toutes ses règles.


I. L. et J. C. - Le Kosovo se dirige doucement vers l'indépendance. Y êtes-vous favorable ?


D. B. - C'est tout le problème du changement des frontières en Europe qui est posé. Dans cette affaire, on marche sur des oeufs. Car si l'on prend une mauvaise décision, les conséquences pour la région pourraient être dévastatrices.


I. L. et J. C. - La Grèce préférerait que le Kosovo reste dans le giron serbe...


D. B. - Une chose est sûre : le dénouement final ne satisfera pleinement ni les uns ni les autres. Mais ce que je crois, c'est qu'il ne peut y avoir de stabilité dans les Balkans sans la Serbie. La Serbie est un grand pays et les Serbes sont un peuple fier. Il faut cesser de les ostraciser et de les diaboliser.


I. L. et J. C. - Faudrait-il renoncer à juger Radovan Karadzic et Ratko Mladic, les anciens chefs des Serbes de Bosnie, inculpés de génocide par le TPI ?


D. B. - On néglige trop souvent les efforts accomplis par Belgrade. Savez-vous que la Serbie est le pays qui a livré le plus grand nombre de criminels de guerre au TPI (12) ? Zoran Djindjic l'a d'ailleurs payé de sa vie (13). Il ne faut pas voir la Serbie en noir et blanc. Il n'y a que des zones grises.


I. L. et J. C. - Que faut-il faire pour stabiliser les Balkans ?


D. B. - Leur offrir une réelle vision européenne. Ne pas les considérer comme l'arrière-garde de l'Europe mais comme son avant-garde. Et contribuer financièrement au développement de la région. L'exemple de la Croatie nous montre que, lorsque l'on combine réformes politiques et réformes économiques, on obtient des résultats. Il n'y a pas de malédiction balkanique...


I. L. et J. C. - Comment la Grèce peut-elle résoudre son conflit avec l'ex-République yougoslave de Macédoine, devenue indépendante sous le nom de Fyrom (14) ?


D. B. - La Macédoine appartient à la fois à la Grèce, à la Fyrom et, pour une petite part, à la Bulgarie. Il aurait fallu trouver pour la Fyrom un nom qui empêche les anciennes querelles de ressurgir. Un nom qui ne gêne personne. Nous avions proposé : « Republika Makedonija-Skopje ».
Prétendre qu'Alexandre le Grand n'était pas grec (15), voilà qui fait rire tout le monde ! Sauf en Macédoine grecque, où ça énerve les gens. Je comprends que les habitants de la Fyrom veuillent avoir une identité, mais il n'est pas normal qu'ils s'emparent d'une identité qui ne leur appartient pas pour la faire rentrer de force dans leur histoire. Aucun parlement grec n'acceptera que la Fyrom se nomme Macédoine. Quel que soit le gouvernement. Ce n'est pas une question de droite ou de gauche. Il faut donc trouver une solution qui convienne à tout le monde. Arrêtons une bonne fois pour toutes de regarder le passé et tournons-nous vers l'avenir. Après tout, le temps n'est pas si loin où les Français appelaient encore les Allemands des Boches !


I. L. et J. C. - Sur quels fondements, selon vous, le règlement du problème chypriote doit-il reposer ? Doit-il être trouvé dans le cadre de l'ONU ou dans celui de l'Union européenne ?


D. B. - La situation, rappelons-le, n'est pas très logique. Il s'agit d'un cas d'invasion et d'occupation d'un État membre de l'ONU et de l'UE - Chypre - par un autre État membre de l'ONU, la Turquie, laquelle veut devenir membre de l'UE. C'est également un cas de non-respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de violation des objectifs et des principes de la charte des Nations unies, ainsi que des accords internationaux.
Ce que nous voulons, c'est trouver une solution juste et viable pour la réunification de Chypre. Une telle solution doit être basée sur les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et sur les principes de l'Union européenne, dont Chypre fait partie. Les Turcs commencent à réaliser que le chemin de l'Europe passe par Chypre.


I. L. et J. C. - La Turquie organisera des élections législatives à l'automne. À Chypre, une élection présidentielle aura lieu début 2008. Et en Grèce, les partis politiques préparent déjà les législatives qui doivent intervenir au plus tard dans un an. Ne craignez-vous pas que, compte tenu de ce calendrier électoral chargé, le règlement de la question chypriote ne soit « gelé » pendant au moins une année ?


D. B. - Nous essayons, en ce moment même, de sortir de l'impasse. L'accord conclu le 8 juillet 2006 entre le président chypriote M. Papadopoulos et M. Talat (16) sous l'égide de l'ONU doit être appliqué. M. Gambari, le secrétaire général adjoint chargé des affaires politiques, a formulé une série de propositions qui ont été acceptées par les deux communautés (17). Nous attendons donc, avec grand intérêt, la suite des événements.


I. L. et J. C. - Les Grecs ne sont pas très pro-américains...


D. B. - La politique américaine est parfois très mal vue en Grèce. Les Grecs étaient, par exemple, contre l'intervention au Kosovo. Et, en définitive, ils avaient raison : cette intervention a permis à Milosevic de se maintenir au pouvoir un an et demi de plus.


I. L. et J. C. - La diplomatie grecque a la réputation d'être pro-arabe...


D. B. - Faux. C'est mon père qui a reconnu Israël lorsqu'il était premier ministre (18). Depuis, la Grèce est considérée comme un interlocuteur impartial et fiable.


I. L. et J. C. - La Grèce a présidé, en septembre 2006, le Conseil de sécurité de l'ONU. De quelle décision êtes-vous particulièrement fière ?


D. B. - Ce fut un honneur pour la Grèce, et pour moi-même. S'il fallait ne retenir qu'une initiative, je citerais l'organisation - pour la première fois depuis plus de vingt ans - d'une table ronde sur les conflits du Moyen-Orient et sur la question palestinienne (19).


I. L. et J. C. - Georges Papandreou, le chef de l'opposition au Parlement hellénique, accuse votre gouvernement d'immobilisme en matière diplomatique. Selon vous, y a-t-il une politique étrangère de gauche et une politique étrangère de droite ?


D. B. - Ce qui est vrai, c'est qu'autrefois les différences étaient assez marquées. En 1981, c'est la Nouvelle Démocratie qui a fait entrer la Grèce dans l'Europe communautaire. Les socialistes, à l'époque, y étaient opposés. Mais, depuis, les choses ont changé et, aujourd'hui, il existe un consensus entre les deux grands partis. À peine peut-on noter quelques nuances, qui varient en fonction de la personnalité des ministres des Affaires étrangères. Personnellement, je prête une attention particulière à la région des Balkans et au Proche-Orient.


I. L. et J. C. - En février dernier, vous avez effectué une tournée en Thrace pour aller à la rencontre de la minorité musulmane turcophone. Quelles mesures faudrait-il prendre pour que les membres de cette minorité disposent effectivement des mêmes droits que les autres citoyens grecs ?


D. B. - Aux termes du traité de Lausanne (20), 86 000 musulmans sont restés en Thrace. Cette minorité turcophone est représentée au Parlement grec, et notre gouvernement a récemment adopté des mesures qui élargissent et renforcent les principes d'égalité devant la loi et l'État. Le développement de la Thrace est, pour notre gouvernement, un objectif prioritaire et devrait profiter à tous les habitants de la région - quelle que soit leur religion.


I. L. et J. C. - Êtes-vous en train de fonder une dynastie ? Vos enfants feront-ils de la politique (21) ?


D. B. - Ce sera à eux de le dire. La politique est un choix de vie. Je leur ai trop imposé la mienne pour ne pas les laisser librement décider.

Notes :
(1) En 2005, Dora Bakoyannis a été élue « World Mayor », parmi 550 maires du monde entier, lors du concours international annuel organisé par « City Mayors ».
(2) La Grèce a connu une dictature militaire du 21 avril 1967 au 24 juillet 1974.
(3) La presqu'île du mont Athos, où vivent environ deux mille moines répartis en vingt monastères, dispose d'un statut d'autonomie au sein de la République grecque. Le ministre des Affaires étrangères exerce une tutelle sur le mont par l'intermédiaire d'un gouverneur.
(4) Cet attentat, qui n'a causé que des dégâts matériels, a été revendiqué par un groupuscule terroriste apparu en 2003 lors d'un attentat contre les tribunaux d'Athènes.
(5) Pavlos Bakoyannis, journaliste et député de la Nouvelle Démocratie, a été assassiné en octobre 1989 par l'organisation terroriste d'extrême gauche du « 17 Novembre », apparue en 1974 après la chute de la dictature des colonels et responsable de 23 assassinats à Athènes. Le « 17 Novembre » a d'abord exécuté des personnes liées à la dictature des colonels, puis des diplomates américains et anglais ainsi que des hommes politiques appartenant à la Nouvelle Démocratie.
(6) Le « 17 Novembre » a été démantelé après l'arrestation de ses dirigeants, en juillet 2002. Ces derniers ont été condamnés à la prison à vie en décembre 2003.
(7) Le 7 juillet 2005, au lendemain de l'attribution des JO de 2012 à Londres, aux dépens de Paris, a eu lieu dans la capitale britannique une série d'attentats dans les transports publics, qui a fait 56 morts et plus de 700 blessés.
(8) Des caricatures de Mahomet ont été publiées le 30 septembre 2005 dans le journal danois Jyllands-Posten puis dans plusieurs journaux européens.
(9) Par le protocole d'Ankara du 29 juillet 2005, la Turquie étend son traité d'union douanière avec l'Union européenne aux dix nouveaux États membres, dont Chypre. Ce protocole n'a pas encore été ratifié par la Turquie qui persiste dans son refus de reconnaître la République de Chypre.
(10) Le Conseil européen des 14 et 15 décembre 2006 a décidé de suspendre les négociations d'adhésion avec la Turquie portant sur 8 des 35 chapitres devant être discutés tant qu'Ankara n'ouvrira pas ses ports et ses aéroports aux navires et aux avions en provenance de Chypre.
(11) Dora Bakoyannis fait évidemment allusion à Chypre.
(12) Slobodan Milosevic, l'ancien président yougoslave, et Milan Milutinovic, l'ancien président serbe, ont été livrés par Belgrade afin d'être jugés par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, qui siège à La Haye.
(13) Le premier ministre serbe Zoran Djindjic, un démocrate pro-européen qui voulait réformer le pays et a eu le courage de livrer Milosevic au TPI, a été assassiné le 12 mars 2003.
(14) Par le traité de Bucarest du 10 août 1913, le territoire de la Macédoine a été partagé entre la Grèce (51 %), la Serbie (39 %) et la Bulgarie (10 %). La Grèce a refusé, lors du démembrement de la Yougoslavie, de reconnaître que l'ancienne République fédérée de Macédoine (Fyrom), appelation sous laquelle cet État a été admis à l'ONU, puisse être reconnue diplomatiquement sous le nom de République de Macédoine. Si les relations économiques entre Athènes et Skopje sont excellentes, la question de l'appellation définitive de la Fyrom demeure une pomme de discorde entre les deux capitales.
(15) Fin 2006, l'aéroport international de Skopje a été rebaptisé du nom d'Alexandre le Grand, malgré les vives protestations du gouvernement d'Athènes, qui a accusé la Fyrom d'usurper le patrimoine de la Macédoine grecque.
(16) Le 8 juillet 2006, Tassos Papadopoulos, président de la République de Chypre, et Mehmet Ali Talat, chef de la communauté chypriote turque et président de la « République turque de Chypre nord », entité reconnue par la seule Turquie, se sont rencontrés pour la première fois depuis 2004. Au cours de cette rencontre ont été adoptés un « ensemble de principes » devant servir de base à l'unification de Chypre.
(17) Ibrahim Gambari, secrétaire général adjoint de l'ONU, a adressé le 15 novembre 2006 à Tassos Papadopoulos et à Mehmet Ali Talat une lettre contenant des propositions d'ordre pratique permettant la mise en oeuvre des décisions adoptées le 8 juillet 2006. Bien que ces propositions aient été acceptées par les deux parties, la reprise du dialogue entre Chypriotes grecs et Chypriotes turcs connaissait encore de sérieuses difficultés au cours du premier trimestre 2007.
(18) La Grèce, qui reconnaissait Israël de facto, l'a reconnue de jure le 21 mai 1990, quelques jours après l'accession aux fonctions de premier ministre de Constantin Mitsotakis.
(19) La Grèce a été membre du Conseil de sécurité de l'ONU en 2005 et 2006. Mme Bakoyannis a présidé cette instance internationale pendant le mois de septembre 2006. Le 21 septembre 2006, elle a organisé, au niveau ministériel, une rencontre consacrée aux problèmes du Moyen-Orient et à la question palestinienne.
(20) Le traité de Lausanne du 24 juillet 1923 a prévu un échange de populations entre la Grèce et la Turquie et un statut spécial pour les populations non échangées comme la minorité musulmane turcophone de Thrace.
(21) Il existe en Grèce des dynasties politiques. Costas Caramanlis, l'actuel premier ministre, est le neveu de Constantin Caramanlis, qui a dominé la vie politique grecque pendant un demi-siècle. Le grand-père ainsi que le père de Georges Papandreou ont été tous deux premiers ministres.