Politique Internationale - La Revue n°128 - ÉTÉ - 2010

sommaire du n° 128
ANGOLA : UN NOUVEL ELDORADO ?
Article de Sabine Cessou
Journaliste indépendante, ancienne correspondante de Libération en Afrique du Sud. Afrique du Sud :
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Un nouvel eldorado est né dans le pays qui affichait, avant la crise, la plus forte croissance au monde - 23 % en 2007 et 21 % en 2008. Les pessimistes ne manqueront pas de rappeler que ces taux à deux chiffres signifient surtout que l'Angola, ravagé par vingt-sept ans de guerre civile, part de très bas. Ne leur en déplaise, la récession de 2009 n'empêche pas les hommes et femmes d'affaires angolais de prendre des participations dans des banques portugaises, apportant de l'argent frais à leur ancienne métropole coloniale. Quant à Luanda, la capitale, elle attire un nouveau flux de migrants chinois, portugais et brésiliens en quête de profits et d'un avenir.Encore méconnu, ce grand pays lusophone situé à la charnière de l'Afrique centrale francophone et de l'Afrique australe anglophone se relève à peine. Après la guerre pour l'indépendance livrée de 1961 à 1975, un nouveau conflit a aussitôt commencé, alimenté par la guerre froide. Le gouvernement du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), qui bénéficiait de l'appui de l'URSS et de Cuba, a refusé de partager le pouvoir avec les autres mouvements de libération nationale. Il s'est alors heurté à l'Union nationale africaine pour la libération totale de l'Angola (Unita), entrée en rébellion et soutenue par les États-Unis et l'Afrique du Sud.

En Angola, la guerre n'a pas cessé après la chute du mur de Berlin et la fin de l'apartheid. Il aura fallu dix ans de plus pour que la paix finisse par s'instaurer. La dernière phase du conflit, intense, s'est soldée par la victoire militaire du MPLA dans un pays exsangue. Depuis la mort du chef de l'Unita Jonas Savimbi, le 22 février 2002, et les accords de paix qui ont suivi, le 4 avril 2002, le géant pétrolier - qui regorge aussi de diamants et de terres fertiles - prend enfin son essor. Son décollage rapide, avec l'aide de la Chine, du Brésil et de l'Afrique du Sud, paraît d'autant plus remarquable que, jusqu'à la fin 2009, il s'est passé de la tutelle du Fonds monétaire international (FMI). L'Angola, devenu premier producteur africain de pétrole, suit sa propre voie et joue de manière indépendante et décomplexée la carte de la globalisation.

Un pays en chantier

À l'image du pays, Luanda, la capitale, est devenue un immense chantier. La ville, hérissée de grues, évoque à la fois Johannesburg et Kinshasa. La première pour la puissance des sociétés minières, la vie retranchée des plus riches dans des complexes de luxe, le brassage racial et la présence d'une classe métisse (ici aux commandes). La seconde en raison d'une misère omniprésente qui n'empêche pas le coût faramineux de la vie. Luanda, l'une des métropoles les plus chères du monde, surpasse même Tokyo de ce point de vue ! L'afflux de migrants et la pénurie de logements ont provoqué une envolée des prix des loyers - jusqu'à 15 000 dollars par mois pour un studio sans grand standing. 

Des tours flambant neuves surplombent des quartiers dévastés où certains immeubles sont encore criblés d'impacts de balles laissés par des mitraillettes de fabrication soviétique. Luanda centralise les trois quarts de l'activité économique et de la consommation nationales. Il n'est guère étonnant, dès lors, que le tiers de la population du pays s'y agglutine et compte chaque kwanza (la monnaie locale) pour faire le trajet qui sépare les faubourgs du centre. Un voyage qui se solde par plusieurs heures quotidiennes d'embouteillages à bord des candogas - les taxis collectifs - dans une cité saturée de ses 5 à 6 millions d'habitants. L'élite, de son côté, flambe en dollars et regarde dans d'autres directions (Dubaï, notamment), intriguée par l'usage que les pays du Golfe ont fait de leurs pétrodollars. 

Des projets grandioses visent à décongestionner le centre, grâce à une nouvelle route côtière empiétant à grands frais sur la mer ou encore via la construction d'une capitale administrative à l'écart de la ville, confiée à Oscar Niemeyer, l'architecte brésilien centenaire qui a dessiné Brasilia. Symbole du renouveau angolais, la « tour Angola », en forme de A, se veut la plus haute d'Afrique. Avec ses 326 mètres, elle dépasse la tour Eiffel. Mais les musseques, ces quartiers populaires et insalubres, présents jusque derrière le port, au coeur de la ville, rappellent que les inégalités sont l'une des grandes caractéristiques du pays, aussi criantes qu'en Afrique du Sud ou au Brésil (1).

Depuis 1975, c'est le même parti, le MPLA, qui se trouve au pouvoir à Luanda. Les élites qui gravitent autour de ce mouvement - fondé en 1956, autrefois marxiste-léniniste et toujours membre de l'Internationale socialiste - se sont converties au libéralisme. Les oligarques circulent en 4x4 et s'offrent les modèles de voiture les plus chers. Ils sont régulièrement accusés par tout ce que le pays compte d'artistes et d'intellectuels de penser d'abord et avant tout à leurs propres intérêts. Sur un total de 500 entreprises publiques, une centaine doivent être privatisées, sur décision unilatérale du MPLA. Pour l'instant, ce sont surtout des hôtels qui ont été privatisés. Le processus peu transparent de leur vente favorise un club restreint estimé à une centaine de responsables politiques et militaires impliqués ou reconvertis dans les affaires.

Dans le budget de l'État, la part de dépenses sociales a largement augmenté. Elle représentait 28,8 % du total en 2008 et 31,6 % en 2009, et doit se maintenir à 30,5 % en 2010, contre 18 % pour la défense, un poste toujours important, mais qui n'est plus prioritaire. Les bailleurs de fonds, eux, ne sont pas dupes. Ils ont fait le lien entre la campagne électorale de 2008 et la construction d'écoles et de dispensaires dans les plaines côtières, où réside la base « assimilée » du MPLA (2). Les « assimilados » regroupent les Noirs éduqués et les métis, par opposition aux « civilizados » portugais et aux « indigenas » africains, autant de catégories instaurées avant l'indépendance, au temps de la « province d'outre-mer » portugaise. L'intérieur du pays, jadis contrôlé par l'Unita, reste nettement moins développé. C'est là que vit, sur les plateaux, l'ethnie africaine des Ovimbundus (environ 40 % de la population).

Les séquelles de la guerre 

Derrière le mirage économique, l'Angola représente-t-il un nouveau modèle africain ? En théorie, rien n'interdit à ce pays richement doté en terres et en ressources minérales de se diriger vers une success story comparable à celle du Botswana, petit État d'Afrique australe qui gère tranquillement sa rente diamantaire. Dans les faits, l'Angola pèche toujours du côté de la gouvernance. La gestion des recettes pétrolières, qui ont longtemps été le nerf de la guerre, n'est pas marquée par la plus grande transparence. L'affaire Falcone, ou « Angolagate », l'a illustré (3). 

L'Angola d'après-guerre, pays à revenu intermédiaire (ni pauvre ni riche, selon les critères de la Banque mondiale), n'avait pas noué de relations notables avec les bailleurs de fonds jusqu'à la crise financière internationale. Les donateurs lui reprochent une gestion opaque des recettes pétrolières. En 2005, le FMI a publié sur son site Internet un article d'un universitaire américain intitulé « La corruption est la principale institution dans le pays ». Fait rare, le président de l'époque du FMI, Rodrigo de Rato, avait dû présenter des excuses. Des consultations avec le FMI avaient été annulées en mars 2007, le pays préférant mener ses propres politiques macroéconomiques plutôt que de se plier aux conditionnalités de l'aide. Mais la crise est passée par là. Les arriérés de la dette ayant été apurés auprès du Club de Paris, un premier accord de confirmation avec le FMI, portant sur 1,4 milliard de dollars, a été finalisé en novembre 2010 pour faire face à la crise internationale et à la baisse des recettes pétrolières. L'Angola a promis de faire des efforts en matière de transparence budgétaire, y compris au niveau de la Sonangol, la société pétrolière nationale.

La hausse continue de la production d'or noir et l'afflux constant de pétrodollars ont généré une corruption que les ONG dénoncent inlassablement. Selon les calculs de Global Witness, 1,7 milliard de dollars se sont envolés des caisses publiques entre 1997 et 2001. De son côté, Human Rights Watch (HRW) estime ce montant à 4 milliards de dollars évaporés entre 1997 et 2002. 

Le pays a par ailleurs fait les manchettes de la presse internationale, le 11 janvier 2010, en raison de l'attaque meurtrière perpétrée dans l'enclave de Cabinda contre les autobus qui transportaient l'équipe de football togolaise en route vers la Coupe d'Afrique des nations (CAN) organisée en Angola. Depuis la trêve passée en 2006, les rebelles indépendantistes du Cabinda - une province angolaise enclavée en République démocratique du Congo (RDC) et frontalière du Congo-Brazzaville - n'avaient pas fait parler les armes. Les Forces de libération de l'enclave de Cabinda (FLEC) estiment que les retombées de la manne pétrolière leur échappent, alors que l'essentiel des gisements d'or noir se trouve précisément au large du Cabinda. L'attaque de janvier 2010 a rappelé que la paix reste fragile, dans un pays où toute une génération n'a rien vécu d'autre que la guerre.

Ce conflit civil, le plus long qu'ait connu l'Afrique, a commencé en 1961 contre le colonisateur portugais, qui avait établi ses comptoirs au XVIe siècle dans une contrée alors baptisée Sao Salvador de Kongo. La guerre a fait 1,5 million de morts et dépeuplé un vaste pays déjà vidé par la traite négrière vers le Brésil et Cuba. Grand comme deux fois la France, l'Angola ne comptait que 12,7 millions d'habitants en 2002. La Banque mondiale estime désormais la population à 18 millions, en partie grâce au retour de 4 millions de réfugiés. Plus de 80 000 Angolais ont laissé un bras ou une jambe sur les mines anti-personnel. Triste record : le pays compte le plus grand nombre de mutilés au monde. 

Avant l'attaque visant l'équipe de football du Togo, l'Angola avait surpris les envoyés spéciaux des journaux africains, en janvier, pendant la Coupe d'Afrique des nations, par la rareté de ses manifestations de joie et par l'attitude méfiante de la population à l'égard des étrangers. La guerre a été trop longue et elle reste trop récente pour que la page soit vraiment tournée. Il faudra du temps pour venir à bout du dénuement qu'elle a laissé. Pas moins de 70 % des habitants vivaient avec moins de 2 dollars par jour en 2002, et le délabrement des infrastructures sanitaires était tel que l'espérance de vie ne dépassait pas 38 ans (47 ans aujourd'hui, selon la Banque mondiale). La part des analphabètes, elle, atteint 58 %.

Nous l'avons dit : Jonas Savimbi, le chef historique de l'Unita, a été éliminé le 22 février 2002 par une unité d'élite des Forces armées angolaises (FAA). Jusqu'à sa mort, les rebelles et l'armée régulière se sont livré une bataille acharnée pour le pouvoir. L'Unita, après avoir été lâchée par les États-Unis et l'Afrique du Sud, en 1993, a financé ses achats d'armes grâce aux recettes tirées des mines de diamants situées à l'intérieur des terres. Aujourd'hui, les fameux blood diamonds angolais n'ont plus rien de sanglant mais sont toujours convoités par les trafiquants. Entre 2003 et 2005 le gouvernement a lancé l'opération Brilhantes pour faire déguerpir des mines à ciel ouvert quelque 300 000 garimpeiros actifs dans la région des Lundas, dans le nord du pays. Ces chercheurs de diamants à mains nues, originaires pour un tiers de République démocratique du Congo (RDC), ont fait prospérer un trafic de gemmes angolaises revendues en RDC. Au final, seulement 100 000 personnes ont été effectivement chassées. Les autres opèrent désormais sous la coupe de l'armée angolaise qui les oblige à revendre les pierres à bas prix (4).

De son côté, le MPLA a fait main basse sur la manne pétrolière, commodément située offshore, c'est-à-dire hors des zones de combat. À l'intérieur du pays, les séquelles du conflit sont profondes, notamment à Quito et Huambo, les anciens fiefs de l'Unita. Dans ces villes, qui ont changé de physionomie grâce à la reconstruction, les personnes déplacées qui sont revenues de Zambie ou de RDC après les accords de paix de 2002 sont toujours perçues, à tort ou à raison, comme des sympathisants de l'Unita...

L'hégémonie du MPLA

Dès la fin de la guerre froide, en 1989, Cuba a mis fin à son soutien au MPLA tandis que les États-Unis ont exigé la tenue d'élections libres. Ce scrutin, le premier de l'histoire de l'Angola, a été organisé en 1992 sous la supervision des Nations unies. Le premier tour a été remporté par le MPLA avec 53 % des voix pour les législatives et 49,6 % pour la présidentielle (contre 34 % et 40,1 % des voix à l'Unita). Jonas Savimbi, qui ne s'attendait pas à une telle défaite, avait refusé d'admettre les résultats et repris les armes avant le second tour. Les faibles scores de l'Unita s'étaient expliqués, à l'époque, par le contrôle que le MPLA exerçait sur la rente pétrolière et sur l'administration, mais aussi par les erreurs de Jonas Savimbi qui n'avait pas hésité à menacer les électeurs s'ils ne votaient pas pour lui. Les Angolais avaient alors opté pour le camp le moins violent, préférant « le voleur à l'assassin », selon l'expression populaire.

Les secondes élections démocratiques de l'histoire du pays, annoncées comme « imminentes » après les accords de paix du 4 avril 2002, ne se sont finalement déroulées que six ans plus tard, le 5 septembre 2008, dans un calme relatif. Les reports successifs de ces législatives ont été officiellement justifiés par la complexe élaboration des listes électorales : l'état des routes était tel qu'il était difficile d'accéder à toutes les communes du pays. Le MPLA voulait aussi se présenter aux urnes avec un bilan à défendre : 2 400 km de routes reconstruites, 690 km de voies ferrées, 230 ponts, 223 postes de santé et 30 000 salles de classe, sans oublier la formation de 90 000 enseignants.

Le 5 septembre 2008, près de 7,5 millions d'Angolais ont donc reconduit le MPLA au pouvoir, avec 80 % des voix. L'opposition, effritée entre quatorze partis, n'a pas fait le poids. L'Unita n'a pas remporté plus de 10 % des suffrages ; mais, cette fois, ses dirigeants n'ont pas contesté les résultats, malgré les violences et les irrégularités constatées. En 2006, le nouveau chef de l'Unita, Isaias Samakuva, a notamment échappé à une tentative d'assassinat commise par trois policiers. Pendant la campagne, des militants du MPLA ont attaqué des partisans de l'Unita tandis que le MPLA s'est largement servi de son emprise sur la radio-télévision nationale, ne laissant qu'une petite place aux partis de l'opposition. La gestion de l'une des chaînes publiques (TPA2) a même été confiée à une société contrôlée par le fils et la fille du président Dos Santos. Quant à Radio Despertar, la station de l'Unita, elle a été interdite de diffusion pour six mois en juillet 2008, sous des prétextes administratifs, alors qu'elle venait de faire passer sa couverture de 40 à 400 km autour de la capitale (5). Les violences, cependant, sont restées limitées, et les observateurs ont constaté lors des législatives de 2008 l'affirmation d'un sentiment d'appartenance nationale.

L'ancien mouvement rebelle a du mal à survivre au décès de son chef historique, le Galo Negro (le « coq noir », surnom donné à Jonas Savimbi). Minée par des querelles internes, l'Unita est dirigée depuis 2006 par le peu charismatique Isaias Samakuva, ancien chef des relations diplomatiques de la rébellion, plus habitué au confort de Paris ou de Londres (deux villes où il a passé plusieurs années) qu'à la vie au front, à la dure, dans la brousse (6). Il ne s'est pas opposé aux reports multiples des élections, et doit se satisfaire de la place qui lui est octroyée depuis sa défaite militaire, puis électorale.

Ses guérilleros ayant été démobilisés, l'Unita a perdu le contrôle qu'elle exerçait sur les mines de diamants. Devenue un simple parti politique, elle a reçu, après 2002, 13 millions de dollars par an de subventions publiques pour faire campagne, sur la base de ses résultats de 1992 (chaque voix valant 10 dollars). Un budget dérisoire en comparaison des moyens dont dispose le MPLA. Les anciens rebelles ont par ailleurs participé au gouvernement d'unité et de réconciliation nationale (GURN) formé en 2002 : quatre ministres étaient issus de leurs rangs, mais ils n'ont joué que des rôles de figurants. Avant les élections de 2008, certains des 70 députés de l'Unita se sont laissé courtiser par le MPLA, qui a accordé voitures et logements de fonction aux membres de l'Unita « rénovée », l'aile progressiste du parti.

Seuls 5 000 des anciens combattants de l'Unita ont intégré l'armée, dont quatre au rang de général. La majorité des vétérans du mouvement rebelle, soit 76 000 hommes, ont bénéficié d'un programme de « réintégration sociale et professionnelle des soldats démobilisés et des déplacés », aux côtés de 33 000 anciens soldats de l'armée régulière. Des centres spéciaux les ont formés à des métiers manuels, par cycles rapides de trois mois. Par précaution, des pensions de 170 euros par mois leur sont versées, de manière à limiter les risques d'insécurité. Il ne faut pas l'oublier : de part et d'autre, les anciens ennemis ont fermement cru, pendant trente ans, écraser l'autre camp par la voie des armes (7).

Pétro-militarisme à l'angolaise

Fort de sa victoire militaire, José Eduardo dos Santos, le chef du MPLA, semble considérer la démocratie comme une simple façade de respectabilité destinée à l'extérieur. Le parti-État conserve, en effet, la haute main sur l'« oléocratie » (8). Le chef de l'État, 67 ans, en poste depuis 31 ans, ne fait pas exception à une certaine pratique du pouvoir qui veut que les présidents, en Afrique, le demeurent à vie. Ingénieur formé en URSS, il a succédé à Agostinho Neto, le père de l'indépendance, mort en 1979. Alors ministre des Affaires étrangères à la personnalité plutôt effacée, Dos Santos a été propulsé chef de l'État, à 37 ans, principalement en raison de sa couleur de peau - noire, comme celle de son prédécesseur. Les barons du MPLA, à l'époque majoritairement blancs et métis, pensaient que le pays n'était pas prêt pour un président « assimilé ». Lucia Lara, métis et présidentiable, s'était alors résolu à rester numéro 2 du parti. 

Surnommé le « Machiavel de l'Afrique », Dos Santos s'est montré maître dans l'art de l'éviction politique. Le jeune homme, que les apparatchiks du MPLA pensaient pouvoir contrôler, s'est appliqué à éradiquer l'aile radicale de son mouvement. En 2002, affirmant ne pas vouloir se présenter à la prochaine élection, il avait laissé les candidats à sa succession au sein du MPLA faire acte du candidature... pour mieux les exclure ensuite. En janvier 2006, un général un peu trop populaire, Fernando Garcia Miala, chef du Service du renseignement extérieur, a été limogé, rétrogradé et mis à la retraite. Son tort : avoir lancé à Quito une fondation destinée à venir en aide aux orphelins. 

La guerre est finie, mais Dos Santos concentre toujours les pouvoirs, entouré de généraux parfois plus influents que les ministres. S'il laisse ses collaborateurs s'enrichir, le chef de l'État lui-même n'a jamais cédé ostensiblement aux sirènes du luxe - ce qui n'empêche pas certains journaux d'affirmer qu'il disposerait de biens substantiels à l'étranger. Quant à sa fille aînée, la métisse Isabel Dos Santos, née d'un premier mariage avec une Russe, elle se distingue dans les affaires sans pour autant s'identifier à la bourgeoisie qui gravite autour du pouvoir. La discrète Isabel ne se gêne pas, en effet, pour dénoncer les travers des « oligarques » parmi lesquels elle compte pourtant nombre d'associés.

« Zédu », contraction des deux prénoms du président, ne tolère pas la critique et n'en fait qu'à sa tête. L'élection présidentielle prévue pour 2009 a ainsi été reportée de trois ans, au terme de l'actuelle législature. José Eduardo dos Santos a fait réviser la Constitution, en janvier 2010, pour abolir la présidentielle directe et lier les scrutins législatifs et présidentiel : à l'avenir, le chef de l'État sera issu de la majorité parlementaire. Dos Santos se réserve par ailleurs la possibilité de se présenter encore deux fois. Le poste de premier ministre va disparaître, remplacé par un vice-président rendant compte au président. Ces manoeuvres ne provoquent pas un mécontentement ouvert, dans un pays où très peu de citoyens osent se mêler de politique et encore moins critiquer le MPLA. La plus forte opposition, ces dernières années, n'est pas venue des partis politiques mais des Églises protestante et catholique qui ont fondé, en avril 2000, un Comité interécclésial pour la paix (Coiepa). Cet organe a tenté de jouer un rôle de contre-pouvoir à la fin de la guerre. Mais depuis les accords de paix, il se concentre sur son action humanitaire.

Seul le Pape, en visite en Angola le 21 mars 2009, s'est permis de rappeler les dirigeants à l'ordre sur les dossiers de la pauvreté et de la corruption. Les responsables angolais sont d'autant moins prêts à recevoir des leçons en matière de « bonne gouvernance » qu'ils cultivent l'arrogance des grands pétroliers, comme le souligne l'historien angolais Carlos Pacheco (9). Avec 1,9 million de barils de brut par jour (b/j) en 2008, l'Angola a supplanté le Nigeria au rang de premier producteur de pétrole africain. Son quota a été ramené à 1,65 million de b/j en février 2009, mais son rendement prévu pour 2012 s'élève à 2,55 millions de b/j. L'économie du pays, qui est membre de l'OPEP depuis 2007, repose sur l'or noir (56 % du PIB et 90 % des recettes de l'État). Les gisements sont contrôlés à 41 % par la société nationale Sonangol et par des multinationales parmi lesquelles ChevronTexaco, ExxonMobil, Total, BP, Shell et Agip/Eni. Ces dernières années, les autorités n'ont pas toujours renouvelé les licences sur certains gisements pour mieux les ouvrir à la concurrence brésilienne, chinoise (Sinopec) et indienne. Le groupe français Total a fait les frais de cette politique, Luanda marquant ainsi son mécontentement vis-à-vis du procès de l'Angolagate à Paris. 

Les réserves totales prouvées sont de 9 milliards de barils, soit 0,72 % du total mondial. Elles ne devraient faiblir qu'à partir de 2025, si de nouveaux gisements ne sont pas découverts entre-temps. Avec ou sans pétrole, l'avenir paraît de toute façon assuré, grâce aux terres et aux diamants. Pour l'instant, les terres arables ne dépassent pas 2 % du territoire, mais le potentiel est colossal. Avec 93 millions d'hectares, l'Angola se trouve au quatrième rang mondial des pays disposant de la plus grande quantité de terres fertiles non irriguées (derrière la Chine, le Brésil, l'Inde et la RDC). 

Quant aux diamants, ils ont rapporté 1,3 milliard de dollars en 2008 et 1,5 milliard en 2009, avec une production de 7 millions de carats qui ne représente que 40 % des capacités. La mine de Catoca, au nord-ouest du pays, exploitée par des intérêts russes (Alrosy), israéliens (Daumonty) et brésiliens (Odebrecht), est le quatrième plus gros gisement de diamants au monde et fournit 70 % de la production nationale. Elle pourrait bientôt être supplantée par la mine de Luo, dont l'exploitation par Alrosy et le groupe portugais Escom Trading nécessite 400 millions de dollars d'investissements. Après quatre années d'absence, De Beers, géant mondial des diamants, a négocié son retour en Angola en 2005. Le groupe sud-africain avait été expulsé en 2001, soupçonné d'avoir travaillé avec l'Unita dans l'extraction des gemmes. Très actif dans la prospection, De Beers va exploiter trois mines dans le cadre d'un partenariat avec Endiama (qui garde le monopole sur les diamants). Cette société nationale n'est pas prête à nouer une relation exclusive avec De Beers, comme c'est le cas en Namibie ou au Botswana. Endiama, comme la Sonangol, travaille avec les partenaires de son choix.

Aux avant-postes de la « Chinafrique »

Luanda entretient une relation spéciale avec son principal client pétrolier, la Chine. En 2007, l'Angola a supplanté l'Arabie saoudite en devenant le premier fournisseur de pétrole de Pékin. De même, l'Angola est le premier partenaire commercial de la Chine en Afrique, avec 21 milliards de dollars d'échanges en 2008 et 25,3 milliards en 2009. Ancien « pays frère », la Chine exporte des biens de consommation et investit massivement dans la construction. À tel point que l'Angola, où résident désormais 80 000 Chinois, est considéré comme un avant-poste de la « Chinafrique ». D'ailleurs, les anciennes puissances coloniales, en perte de vitesse sur le continent noir, prétendent que les rapports entre Pékin et Luanda seraient « strictement néocoloniaux » (10). En tout cas, la compagnie aérienne nationale, TAAG Angola Airlines, pourrait devenir le symbole d'un développement qui ne passe plus seulement par Lisbonne, Bruxelles ou Washington. Cette société, qui n'a pas été autorisée à survoler l'Europe entre juillet 2007 et avril 2010 à cause de normes de sécurité insuffisantes, a lancé des vols directs vers Pékin en 2008 et dessert quotidiennement Rio de Janeiro depuis 2009.

Les rapports privilégiés avec la Chine et le Brésil s'expliquent en partie par l'absence de réaction internationale aux appels que Luanda a lancés en 2002 et en 2003 en faveur d'une Conférence internationale sur la reconstruction de l'Angola. L'intérêt de la communauté internationale était alors focalisé sur l'Irak. Les bailleurs de fonds multilatéraux ayant exigé des gages de bonne gouvernance, l'Angola s'est tourné vers la Chine. Celle-ci ne s'est pas fait prier pour lancer de grands chantiers d'infrastructures. Certains observateurs doutent de la qualité de ces chantiers et affirment que les routes et les écoles chinoises se « désintégreront dans les cinq ans » (11). Les chantiers en question sont financés par des crédits garantis sur le pétrole et remboursés par des contrats de construction. Selon les chiffres officiels, les financements portent sur 7 milliards de dollars depuis 2002. Deux fois plus, estiment les diplomates occidentaux en poste à Luanda. D'après eux, la Chine aurait, par ce mécanisme, mis la main sur 40 % de la production de pétrole angolaise (12). Plus rapide à la détente que le FMI, Pékin a accordé à Luanda une rallonge de 1 milliard de dollars en février 2009 pour compenser la chute des recettes pétrolières. En comparaison, les 677 millions de dollars prêtés à l'Angola par la Banque mondiale depuis 1991 afin de l'aider à « renforcer sa capacité de gestion » de l'économie paraissent quelque peu dérisoires. 

Les chantiers sont rondement menés par les entreprises chinoises, les bulldozers étant sacrifiés sur les champs de mines - un procédé plus rapide et moins cher que le déminage (13). Les contrats sont colossaux : 3,5 milliards de dollars versés par l'État angolais à une seule société pour la construction de 20 000 appartements, 250 magasins, 24 jardins d'enfants et 17 écoles dans la banlieue de Luanda. Une autre société privée, le China International Fund, basée à Hong Kong, s'est engagée en 2004 sur le financement de travaux publics à hauteur de 6 milliards d'euros. Il est apparu en 2007 que ce fonds ne pourrait pas honorer ses engagements. Du coup, l'État a dû demander un prêt de 2 milliards aux banques locales pour que les chantiers ne soient pas suspendus. L'affaire a souligné la fragilité des partenaires choisis, de même que la position centrale que l'armée détient toujours dans la gestion de l'Angola. C'est en effet un général proche du président, Helder Vieira Dias, surnommé « Kopelipa », chef du Cabinet national de reconstruction (CNR), qui a directement négocié le contrat avec China International Fund. « Nous suivons notre propre modèle, a expliqué en 2007 Aguinaldo Jaime, le vice-premier ministre. Ce n'est probablement pas très orthodoxe, mais nous n'avons pas le choix puisque toutes les infrastructures de base sont dévastées » (14).

Des ambitions plus économiques que diplomatiques

Avec le pétrole, l'armée angolaise, forte de 130 000 hommes, demeure le second pilier du pouvoir à Luanda. Son intervention dans les deux Congos, en 1997 et 1998, a conféré au pays une influence sous-régionale qui ne s'est pas transformée sur le plan diplomatique dans l'Angola d'après-guerre. L'Angola, qui n'a guère d'amis, a longtemps été redouté par ses voisins en raison de ses incursions en Zambie et en Namibie pour pilonner les bases arrière de l'Unita. Au Congo-Brazzaville, l'armée angolaise est intervenue dans la guerre civile, en 1997, pour maintenir Pascal Lissouba à l'écart du pouvoir et priver l'Unita de l'un de ses soutiens. En RDC, pour les mêmes raisons, Luanda a soutenu la progression de la rébellion conduite par Laurent-Désiré Kabila, également en 1997. L'objectif était surtout de précipiter le départ de Mobutu, lui aussi un soutien de l'Unita. En août 1998, l'Angola est intervenu de nouveau en RDC pour aider Kabila à demeurer au pouvoir en repoussant ses anciens alliés rwandais et ougandais. Les troupes angolaises n'ont quitté la RDC qu'en 2002 et l'Angola est toujours un interlocuteur incontournable sur ce dossier. Signalons aussi que, en 2002, Luanda aurait fourni des armes au régime de Laurent Gbagbo (Côte d'Ivoire) alors que celui-ci était en butte à un coup d'État, pour le récompenser d'avoir chassé les représentants de l'Unita à son arrivée au pouvoir.

Depuis la fin de sa propre guerre civile, Luanda a cessé de jouer ce rôle de puissance militaire. Les autorités ont nourri des ambitions de puissance régionale, mais cette ambition est freinée à la fois par le rôle prépondérant de l'Afrique du Sud dans la zone et par le déficit d'image de l'Angola - mauvaise gouvernance, inégalités sociales persistantes... Le pays ne dispose pas d'une influence comparable à l'Afrique du Sud, ni même à celle du Nigeria, qui assume un rôle de gendarme à l'échelle de l'Afrique de l'Ouest. L'Angola soutient cependant le projet visant à créer une force de maintien de la paix régionale dans le cadre de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC). Le pays a intégré l'Union africaine (UA) mais a choisi de faire cavalier seul pour revendiquer, comme l'Afrique du Sud, un siège de membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Pragmatique, l'Angola ne présente pas la « Chinafrique » comme une nouvelle voie à suivre, mais s'efforce au contraire, par souci d'indépendance, de trouver un équilibre entre ses différents partenaires. 

La politique extérieure angolaise n'est plus militaire, mais pétrolière et financière. Désormais, ce sont les intérêts de Sonangol en Namibie, en RDC, au Congo, au Gabon, en Guinée équatoriale et au Cap-Vert qui confèrent au pays son poids régional (15). Il en va de même à l'international. L'essor des intérêts angolais au Portugal, notamment, est très remarqué dans le monde lusophone. En novembre 2008, la Banque commerciale portugaise (BCP), première banque privée du Portugal, a vendu une tranche de 9,69 % de ses parts dans la Banque portugaise des investissements (BPI), pour 164 millions d'euros, à une holding dénommée Santoro et détenue par Isabel dos Santos, la fille du président. De son côté, la BPI, quatrième banque portugaise, a cédé 49,9 % de sa filiale angolaise à Unitel, l'opérateur angolais de téléphonie mobile, détenu à 25 % par Isabel dos Santos. Montant de la transaction : 370 millions d'euros. En mai 2008, le groupe angolais Banque internationale de crédit (BIC) a ouvert au Portugal une filiale destinée à devenir la porte d'entrée des investissements angolais en Europe. Sonangol, déjà actionnaire du pétrolier portugais Galp Energia, s'intéresse à la privatisation de TAP Air Portugal. Sonangol détient par ailleurs des participations importantes dans des filiales angolaises de banques portugaises (49,99 % de Banco Millenium Angola et 49 % de Banco do Fomento de Angola), suivant une logique d'« angolanisation » des intérêts étrangers à l'intérieur des frontières.

Nouvel eldorado et mirage pétrolier

Les flux migratoires entre Lisbonne et Luanda ont, eux aussi, connu un renversement de tendance. Depuis fin 2008, les Portugais fuient la crise pour s'établir en Angola. Ils seraient 100 000 à s'être installés dans leur ancienne colonie, pour la plupart dans les villes de la côte (16). Les Portugais sont les deuxièmes investisseurs étrangers après les Chinois, avec plus d'un milliard de dollars depuis 2007. Si le flux persiste, la communauté portugaise pourrait retrouver son niveau d'avant l'indépendance : 500 000 personnes. Les Brésiliens, autres partenaires traditionnels, sont eux aussi attirés par la croissance phénoménale de Luanda. Selon la chambre de commerce brésilo-angolaise, ils seraient 20 000 à résider en Angola, pour la plupart à la tête de leur propre affaire (17). 

L'économie devrait rebondir dès 2010, avec une croissance estimée à 7,5 %, après un taux de - 0,6 % en 2009 (au lieu de la récession de 7 % annoncée). Il est vrai que les caisses de l'État se sont vidées et que le kwanza a perdu 25 % de sa valeur par rapport au dollar. Mais pour la troisième économie africaine après l'Afrique du Sud et le Nigeria, ces déboires ne seront que de courte durée.

Le bilan du MPLA a beau aligner des chiffres impressionnants, tout reste encore à faire : 80 % de la population n'ont pas accès à l'électricité et 25 à 30 % des actifs sont au chômage. Le gouvernement a beau se targuer d'avoir fait baisser le taux de pauvreté de 12 % depuis 2002, l'Angola occupe toujours le 162e rang sur 177 selon l'Indice de développement humain (IDH) (18) publié chaque année par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Signe des retombées encore limitées de l'essor du secteur privé, l'administration publique demeure le premier pourvoyeur d'emplois. La plupart des sites Internet du pays sont domiciliés au Brésil pour contourner les problèmes de connexion en Angola. Il faut 45 jours d'attente au large pour accoster au port de Luanda, éclairé la nuit par une farandole de cargos en attente, et trois mois avant d'espérer en faire sortir un conteneur. Un contrat de 35 millions de dollars a été passé en 2007 avec le groupe danois Maersk, la plus grande compagnie maritime mondiale, pour remettre le port en état et en créer un autre en eaux profondes, mais les retards se sont accumulés. De même, un barrage d'une capacité de 520 mégawatts a été achevé à Capanda en 2004, mais guère plus de 170 000 foyers étaient desservis en 2008 dans la province de Malanje, car les lignes endommagées pendant la guerre n'ont pas été remises en état. Pour parer aux coupures de courant, Luanda a installé une centrale offshore de 60 mégawatts (MW), à bord d'un navire spécial. La reconstruction, chaotique, se révèle parfois superficielle. Le pays suit sa voie, tant bien que mal. Une voie qui restera incertaine et fragile tant qu'elle dépendra exclusivement du pétrole.
Notes :
(1) Augusta Conchiglia, « Après-guerre et or noir en Angola », Le Monde diplomatique, mai 2008.

(2) Rapport 2009 sur les Perspectives de développement en Afrique, Centre de Développement de l'OCDE, Paris.

(3) L'affaire Falcone, ou « Angolagate », porte sur la vente d'armes soviétiques au gouvernement angolais, pour un montant de 790 millions de dollars, en 1994, au moment de la reprise de la guerre civile. La vente, pilotée par un intermédiaire franco-canadien, Pierre Falcone, sans l'autorisation officielle de la France, a impliqué plusieurs personnalités politiques françaises soupçonnées d'avoir touché des commissions. 

(4) Jean-Philippe Rémy, « Ruée sur les diamants angolais », Le Monde, 3 septembre 2005. 

(5) Pierre-François Naudé, « Indéboulonnable MPLA », Jeune Afrique, n°2483-2484, 10-23 août 2008.

(6) « L'Unita saisie par la démocratie », Le Nouvel Afrique-Asie, n°168, septembre 2003. 

(7) Antoine Rozès, « L'Angola d'une impasse à l'autre : chronique d'une guerre sans issue (1998-2001) », Afrique contemporaine, n° 197, premier trimestre 2001.

(8) Christine Messiant, L'Angola postcolonial, Tome 1 : Guerre et paix sans démocratisation et Tome 2 : Sociologie politique d'une oléocratie, Karthala, 2008 et 2009.

(9) Carlos Pacheco, « Luanda doit oublier ses rêves de puissance », Courrier International, n°777, 22-28 septembre 2005. 

(10) Jacques Barrat, « La "Chinafrique" : un tigre de papier ? », Géostratégiques, n°25, octobre 2009.

(11) Alex Duval-Smith, « It's party time for Luanda's elite as Angola grows rich on oil and gems », The Observer, 31 août 2008.

(12) Philippe Bernard, « Luanda, loin de l'Angolagate », Le Monde, 7 octobre 2008.

(13) Serge Michel, « Reconstruire l'Angola, quitte à sauter sur une mine », Le Monde, 28 octobre 2007. 

(14) Sharon LaFraniere, « As Angola prospers, poverty persists for most », International Herald Tribune, 14 octobre 2007.

(15) Philippe Le Billon, Alex Vines et Assis Malaquias, « Au-delà du pétro-militarisme, la stratégie extérieure angolaise d'après-guerre », Politique Africaine, n°110, juin 2008.

(16) Richard Lapper, « Les Portugais réinvestissent Luanda », Financial Times et Jeune Afrique, n°2560, 2 février 2010. 

(17) Maira Magro et Gustavo de Almeida, « Angola, l'eldorado africain des Brésiliens », La Specula, 1er février 2009, traduit par Courrier International. 

(18) L'indice de développement humain est un indice statistique composite créé par le PNUD en 1990. Le rapport 2009 se trouve à cette adresse : www.undp.org/french/hdr2009.shtml