Politique Internationale - La Revue n°139 - PRINTEMPS -

sommaire du n° 139
ITALIE : REHABILITER LA POLITIQUE
Entretien avec Emma BONINO
Ancienne vice-présidente du Sénat italien.
conduit par
Richard HEUZÉ
Correspondant de Politique Internationale en Italie. Auteur, entre autres publications, de : Matteo
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Richard Heuzé - Comment interprétez-vous les résultats des élections législatives des 24 et 25 février dernier ?

Emma Bonino - J'y vois l'expression d'un gigantesque ras-le-bol à l'égard du système politique. Les commentateurs ont parlé de « remontée » de Berlusconi, mais en termes de suffrages, par rapport aux élections de 2008, où il avait obtenu 38 % des voix, il enregistre un net recul à 25 %. En fait, tout le monde - à commencer par le parti démocrate - le donnait pour politiquement mort, à 10 ou 12 % des intentions de vote. Le seul à avoir mis en garde, dès novembre dernier, contre un possible sursaut de Berlusconi, c'est Romano Prodi qui le connaît bien pour s'être mesuré à lui par deux fois, en 1996 et en 2006.
Et il y a évidemment le phénomène Beppe Grillo. L'ampleur de son succès est tout à fait inattendue. Ce qui a joué en sa faveur, c'est, d'un côté, l'austérité nécessaire imposée par Mario Monti qui a valu une forte impopularité au gouvernement sortant et, de l'autre, la lassitude de l'électorat face à la corruption, à l'absence de réformes sur le financement de la politique et aux scandales qui ont éclaté dans les trois dernières semaines de la campagne : entre autres celui de la banque Monte dei Paschi de Sienne, celui de Finmeccanica et celui du groupe d'hydrocarbures ENI (2).

R. H. - Comment la nouvelle législature va-t-elle pouvoir fonctionner ?

E. B. - Pour l'instant, celui qui a le plus profité de l'écoeurement des électeurs est à l'évidence Beppe Grillo. Détruire, il sait faire. C'est toujours plus facile que construire.  Certes, il a su interpréter le ras-le-bol dont je vous parlais.  D'ici peu de temps, ses élus vont devoir faire des choix. Il est difficile, à ce stade, de prévoir leur réaction. S'ils sont persuadés que, dans un an, les Italiens retourneront aux urnes, ils ne seront pas pressés de jouer la carte de la responsabilité. De plus, à la Chambre comme au Sénat, ces néo-élus, sans aucune expérience politique, risquent de se diviser.

R. H. - Sur quels thèmes une rupture entre Beppe Grillo et les partis traditionnels pourrait-elle se produire ?

E. B. - Le point d'accrochage majeur, c'est certainement la « partitocratie » et le manque de transparence, les nominations plus ou moins opaques aux postes de pouvoir. Les journalistes d'investigation Sergio Rizzo et Gian Antonio Stella dans le Corriere et Milena Gabanelli dans l'émission télévisée d'investigation Report dénoncent régulièrement ces abus. Le financement public des campagnes électorales, qui coûte un demi-milliard d'euros à l'État, n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Sur les dossiers économiques, Beppe Grillo devra bien se rendre à l'évidence et admettre que 2 plus 2 font 4.
Quant aux droits civils, qui constituent le troisième élément de son fonds de commerce, il a dit beaucoup de choses contradictoires. On l'a entendu à diverses reprises prendre des positions très dures à l'égard des homosexuels, de l'immigration. J'ai moi-même subi en 2007 les attaques de Grillo sur la question du renvoi des Roumains dans leur pays et j'ai dû monter au créneau en faisant valoir qu'ils étaient des citoyens européens. Ce n'est qu'un exemple.
Grillo parle de référendum « on line », ce qui ne veut strictement rien dire. Sur l'usage que l'on peut faire d'Internet, je suis extrêmement réservée. Je l'utilise beaucoup. C'est le principal moyen de communication de notre Parti radical transnational. Mais, sur certains aspects, en particulier l'ultra-simplification des échanges sur Twitter, je reste très sceptique. C'est un instrument qui nie la complexité.

R. H. - Comment va évoluer le Parti démocrate ?

E. B. - Les responsables du PD feront ce qu'ils ont l'habitude de faire : trouver un bouc émissaire qui devrait être le secrétaire du parti, Pier Luigi Bersani. Je ne m'attends pas à une folle originalité de leur part. Le parti démocrate paie, certes, son soutien au gouvernement de Mario Monti mais surtout le fait d'être perçu comme un parti comme les autres. L'affaire de corruption liée au Démocrate Filippo Penati, à la tête de la province de Lombardie, et le scandale de la banque Monte dei Paschi ont pesé très lourd dans la balance.

R. H. - Selon vous, le nouveau Parlement modifiera-t-il la loi électorale ?

E. B. - Je le pense. Il serait suicidaire de retourner aux urnes avec cette loi. Quant au système qui sera choisi, mystère. Le modèle le plus souhaitable serait celui en vigueur en France : un scrutin uninominal à deux tours.
Ce qui me frappe le plus dans le « Mouvement 5 Étoiles » (M5S) - celui de Beppe Grillo -, c'est son mépris pour le métier de la politique. Les dirigeants du mouvement ont décidé que les présidents de groupe au Sénat et à la Chambre des députés changeraient tous les trois mois. C'est comme vouloir ouvrir un cabinet d'avocats avec des gens qui n'ont jamais exercé ! Savent-ils comment défendre un amendement, à quel moment le présenter, comment le rédiger ? Je n'en suis pas sûre.
Et que se passerait-il si les marchés ne tenaient pas ? Le « spread » (différence entre les taux italiens et les taux allemands sur la dette souveraine) ne cesse de grimper. Va-t-on assister à un rapprochement du Parti démocrate (PD) avec le Parti de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi, une forme de « compromis historique » new look ? Votera-t-on fin juillet, en maillot de bain, avec la même loi électorale ? À mon avis, le plus probable, ce sont de nouvelles élections au printemps prochain, peut-être en même temps que les européennes.

R. H. - Silvio Berlusconi, avec ses propositions de remboursement de l'impôt foncier (IMU) sur la résidence principale imposé en 2012 par Mario Monti et ses discours irresponsables sur le « spread », n'a-t-il pas apporté de l'eau au moulin de Beppe Grillo ?

E. B. - Je ne le crois pas. Beppe Grillo a essentiellement puisé ses voix à gauche, dans les rangs du Parti démocrate. Berlusconi, avec son style de campagne, a surtout galvanisé les siens. Connaissez-vous l'histoire que racontait l'écrivain Leonardo Sciascia ? C'était du temps où il était député du Parti radical. Un énième scandale avait éclaté sur les « draps d'or » dans les chemins de fer (3). Alors que j'exprimais mon indignation, il m'a fait observer que la corruption n'atteignait pas seulement la classe politique, mais toutes les couches de la société. Que chacun, à son niveau, se sentait obligé de contourner la loi. Je lui ai dit : « Alors, il n'y a plus d'espoir ? » Il m'a répondu : « Quand toutes les lumières sont allumées, on ne voit pas la bougie. Mais quand les lumières s'éteignent à la suite d'un court-circuit par exemple, la bougie devient indispensable. Être une bougie est une responsabilité énorme. »
Après les élections des 24 et 25 février dernier, mes amis radicaux se demandent s'il faut reprendre nos batailles, nos campagnes référendaires, redevenir en quelque sorte une « bougie ». Les sujets de campagne ne manquent pas : les droits civils, la laïcité, les responsabilités individuelles, l'usage abusif que les magistrats font de la détention préventive, la loi Bossi-Fini sur l'immigration... Mais il y a deux éléments fondamentaux qui échappent généralement aux analystes italiens et aux observateurs étrangers : le fait que mon pays vit depuis très longtemps dans un régime non démocratique mais asservi aux partis politiques. C'est la « partitocratie » qui fait les lois - quitte à ne jamais se les appliquer à elle-même -, qui ne respecte pas les obligations électorales telles les modalités de collecte des signatures des citoyens, qui viole toutes les règles de fonctionnement du débat public jusqu'à la question du remboursement des dépenses électorales.
Le second élément, c'est la disparition totale de l'état de droit : le système judiciaire fonctionne « hors la loi », en violation permanente des traités et des conventions européens. Ce n'est pas un hasard si l'Italie détient avec la Turquie le record des condamnations de la Cour européenne des droits de l'homme pour les violations des droits de l'homme, pour la lenteur de ses procédures et la situation dans ses prisons.

R. H. - Vous avez été vice-présidente du Sénat de mai 2008 jusqu'aux élections de février dernier. Quelles leçons tirez-vous de cette expérience ?

E. B. - J'ai pu faire avancer de nombreux dossiers qui me tenaient à coeur, notamment la réforme du financement des groupes parlementaires. Quand j'ai été élue à la vice-présidence du Sénat, l'opacité la plus totale régnait sur les financements publics des groupes politiques. Aucun justificatif n'était demandé. Le scandale de la Ligue du Nord au printemps 2012 (4) a enfin fait comprendre à mes collègues du Sénat qu'il était temps d'imposer un minimum de règles. Après d'innombrables discussions, nous avons voté de nouvelles procédures d'attribution de ces fonds et avons décidé de réduire substantiellement les plafonds alloués à chaque groupe parlementaire ; et cela, dans l'intérêt des contribuables.
Ma fonction de vice-présidente impliquait également une multitude d'obligations de représentation. Pas forcément utiles, mais auxquelles je pouvais difficilement me dérober. J'ai dû présider un grand nombre de cérémonies, forums et débats aux quatre coins du pays. Il n'y a pas grand-chose à en dire, si ce n'est qu'ils absorbent beaucoup de temps.

R. H. - Qu'avez-vous voulu apporter dans cette fonction ?

E. B. - La transparence. Et le respect rigoureux des règles et donc de l'institution. J'ai aussi eu la possibilité d'organiser de larges débats publics avec le soutien professionnel et passionné des services du Sénat et du président lui-même : sur l'Europe, avec la participation des patrons des confédérations industrielles d'Italie, de France et d'Allemagne ; sur les dysfonctionnements de la justice ; sur les femmes. La première grande conférence sur les femmes s'est tenue au Sénat et elle a connu un franc succès. Le contraste était saisissant entre cette effervescence et l'atmosphère un peu poussiéreuse de la haute assemblée. Il y avait des femmes partout, dans les salons, dans les couloirs, assises par terre. On avait l'impression d'être revenu dans les années 1970 !
Nous sommes enfin parvenus à faire ratifier par l'Italie le traité instituant la Cour pénale internationale. Mon pays et moi-même en avions été les instigateurs en 2003. À ce jour, cependant, les lois d'application du traité dans le Code pénal national n'étaient pas encore entrées en vigueur. Par exemple, si Mouammar Kadhafi s'était réfugié en Italie il y a deux ans, nous n'aurions pas pu l'arrêter !

R. H. - Vous vous êtes également engagée personnellement dans le débat contre la peine de mort. Pour quel résultat ?

E. B. - Avec le Parti radical et les militants de l'association « Ne touchez pas à Caïn » nous avons obtenu un moratoire, proclamé par les Nations unies en 2007, sous le gouvernement de Romano Prodi. Mais la bataille avait commencé en 1994 (5). Nous n'avions pas pu l'imposer à ce moment-là parce qu'il nous avait manqué quatre voix à l'ONU. Le moins qu'on puisse dire, c'est que les gouvernements n'étaient guère passionnés par ce dossier. Chez nous, en Europe, le problème ne se posait pas parce que tous les pays ont déjà aboli la peine de mort dans leur législation nationale. Mais hors d'Europe, en Chine notamment, la question reste extrêmement sensible. Et, malheureusement, nos diplomates estiment qu'il ne s'agit pas d'une priorité. Ils pensent qu'il existe des sujets plus urgents à traiter. C'est encore plus vrai pour ce qui concerne la défense de la condition féminine. Ils ne veulent pas en entendre parler. Ils considèrent que défendre le droit des femmes est une perte de temps qui nuit à leur carrière. C'est d'ailleurs aux plus jeunes et aux plus inexpérimentés qu'on confie ce dossier.

R. H. - Voulez-vous dire que les diplomates ne sont guère sensibles aux grands débats de société ?

E. B. - C'est un euphémisme ! La vérité, c'est qu'ils n'ont jamais été très intéressés par la défense des droits en général. Pour moi, au contraire, l'interaction est indispensable entre les institutions et les mouvements de la société civile. Ce sont ces mouvements qui font avancer le débat d'idées. Les institutions ont tendance à pratiquer la « realpolitik » et à ne se saisir que des dossiers qui font déjà consensus. Moi-même, je me suis trouvée prise entre deux feux lorsque j'ai accompagné le président du Conseil Romano Prodi en Chine en 2006 dans la délégation officielle. Les militants attendaient que je dénonce la peine de mort et le traitement infligé aux dissidents. Mais Romano Prodi préférait parler des relations commerciales. Ma position de ministre des Affaires européennes m'interdisait de soulever la question de manière polémique. Il n'empêche que j'ai pu l'évoquer publiquement dans mes interventions officielles.

R. H. - Dans les innombrables combats auxquels vous avez pris part, qu'avez-vous cherché en premier lieu ?

E. B. - D'abord à imposer une méthode. Le fil d'Ariane de tous mes combats, c'est la non-violence : j'oppose toujours la force du droit à la force de la force. Qu'il s'agisse de promouvoir des lois et des traités ou qu'il s'agisse de les faire appliquer. Il est important d'avoir des règles communes permettant à chacun d'y adhérer, quelle que soit sa croyance. Ces règles sont l'unique moyen de venir à bout des violences, des discriminations brutales, des privations de liberté. La seule limite à la liberté est précisément la liberté des autres. C'est vrai en toute chose : la peine de mort, les arrêts de la Cour pénale internationale ou la convention sur le génocide. L'état de droit est le meilleur moyen d'instaurer une coexistence démocratique, ouverte, tolérante et respectueuse.
D'une manière générale, j'ai préféré dans la plupart des cas soutenir des campagnes qui étaient déjà amorcées, surtout au niveau transnational.

R. H. - Est-ce la méthode que vous avez suivie dans votre combat en faveur de l'avortement dans les années 1970 ?

E. B. - Dans ce cas précis, non. C'est nous, au sein du Parti radical, qui avons pris l'initiative de lancer un grand mouvement d'opinion en faveur de l'abolition de l'article 486 du Code pénal qui assimilait l'avortement à un crime. Quelle était la situation à l'époque ? Soit vous appliquiez la loi et vous envoyiez un million de personnes en prison. Soit vous changiez la loi. Ce qui est intolérable, c'est une loi que personne ne respecte. Les radicaux se sont emparés de cette cause que personne ne voulait aborder. L'Italie est un pays qui a été marqué dans son histoire par deux grandes cultures : l'une catholique - « souffrez et vous irez au paradis » -, l'autre communiste - « d'abord, le salut des masses et ensuite peut-être celui des individus mais rien n'est moins sûr ». Pour nous, radicaux, l'individu prime avant tout. Ce qui impose des droits, mais aussi des devoirs.

R. H. - D'où tirez-vous vos convictions ? De votre expérience personnelle ?

E. B. - Oui, bien sûr. Je n'ai jamais pensé que l'avortement était un droit. Je pense que c'est un moyen de donner aux femmes la liberté de choisir quand et comment être mère. La contraception est évidemment préférable. L'avortement, c'est le choix le plus violent, le moins souhaitable. Je n'ai jamais rencontré une femme qui soit contente d'y recourir. Les hommes sont les seuls à le prétendre. J'ai moi-même avorté.

R. H. - Dans quelles circonstances ?

E. B. - C'est une longue histoire. Lors d'un examen médical, un gynécologue m'avait annoncé que j'étais stérile. Quand, à ma grande surprise, je suis tombée enceinte à 26 ans, il a bien fallu trouver une solution. Je suis retournée voir ce toubib. Il m'a répondu textuellement : « Pour vous libérer d'une vie en fleur, cela va vous coûter un million de lires. » Jamais je n'oublierai cette phrase. Avec mon ami, nous n'avions pas l'argent. J'ai demandé conseil aux copines et j'ai constaté que toutes connaissaient des adresses. J'ai pu avorter en juillet. En septembre, j'ai commencé à travailler comme volontaire dans un centre de planning familial. J'ai appris qu'une femme, Adele Faccio, recevait des jeunes femmes tous les mardis. Elle était membre du Parti radical. Elle m'a parlé de désobéissance civile. C'est elle qui m'a fait connaître, en 1975, un certain Marco Pannella.  Une rencontre qui allait bouleverser mon existence (6).

R. H. - C'est de là que date votre engagement ?

E. B. - Absolument. J'ai commencé à lutter pour le droit des femmes à une maternité libre et responsable. À l'époque, nous étions assez seules. Lors de notre première manifestation, Piazza del Duomo à Milan, les gens nous crachaient dessus. Je me le rappelle comme si c'était hier !
Entre-temps la France a adopté la loi Veil. Et l'Europe du Nord était déjà très en avance. Ce qui nous a aidées, c'est le fait que des militantes de France et d'Europe du Nord soient venues en Italie pour nous apporter leur soutien et expliquer ce qui se pratiquait dans leur pays. Les gens ont fini par écouter et par comprendre. Être prise en photo aux côtés de Simone Veil m'a donné beaucoup de crédibilité. J'en avais besoin car, à l'époque, je n'avais aucune expérience politique, pas même dans les divers mouvements de protestation qui existaient depuis 1968.

R. H. - Mais n'étiez-vous pas descendue dans la rue en mai 68 ?

E. B. - Non. J'étais à Milan. J'étudiais et je travaillais en même temps. J'imagine qu'il y a eu de la contestation à Milan aussi. Mais, franchement, je ne m'en suis pas rendu compte. En mai 1974 a eu lieu le référendum sur le divorce. Je suis sûre d'avoir voté parce que ma mère m'a dit que nous y sommes allées ensemble, mais impossible de me rappeler quel bulletin j'ai glissé dans l'urne !

R. H. - Vraiment ? Vous n'avez aucun souvenir ?

E. B. - Aucune idée. C'est dire combien je vivais dans un autre monde...

R. H. - Donc, vous rencontrez Marco Pannella en 1975, et c'est le début d'une longue aventure...

E. B. - Effectivement. En janvier 1975, un journal d'extrême droite a sorti un dossier sur la « clinique des avortements » de Florence où j'accompagnais de nombreuses femmes (7). La police est arrivée ; le médecin et les femmes présentes ce jour-là ont été arrêtés. Nous nous sommes tout de suite dénoncées en nous proclamant solidaires. Le secrétaire du Parti radical, Gianfranco Spadaccia, en a fait autant. Devant l'ampleur du scandale, il a également été arrêté. Ce qui a suscité un autre scandale. En juin 1975, j'ai été interpellée à mon tour dans ma petite ville, au sein de ma famille, en plein milieu des élections municipales. Entretemps, Marco Pannella avait obtenu le soutien de l'hebdomadaire L'Espresso pour lancer une campagne appelant à organiser un référendum sur l'avortement. Des milliers de signatures ont été recueillies. Ce référendum n'a finalement jamais eu lieu : pour l'éviter, il y a eu des élections anticipées en 1976 et puis la loi de 1978 a été votée et l'a légalisé.

R. H. - Projetons-nous quelques années plus tard. Après une carrière politique qui vous mène sur les bancs de la Chambre des députés et du Parlement de Strasbourg, vous êtes nommée à la Commission européenne en janvier 1995, en charge notamment de l'aide humanitaire. Aussitôt vous partez pour Mostar et Sarajevo. D'où vous viennent cette énergie et cette ténacité dont vous avez fait preuve tout au long de votre vie ?

E. B. - C'est la caractéristique des radicaux. Nous prêtons une attention particulière au respect des droits civils et des libertés individuelles. Je connaissais déjà Sarajevo pour y avoir organisé des convois humanitaires. Le 8 mars 1995, quelques semaines après ma nomination, je décide d'y retourner. À la suite de cette mission, la Commission a débloqué un plan d'aide humanitaire de 100 millions d'ECU pour faire face aux besoins immédiats. L'Union européenne a été le principal donateur d'aide humanitaire à l'ex-Yougoslavie.

R. H. - À la même époque, vous vous êtes aussi rendue au Rwanda. À quelle situation avez-vous dû faire face ?

E. B. - Sur le dossier des Grands Lacs, j'étais bien seule. La communauté internationale n'avait d'yeux et d'oreilles que pour le président Paul Kagamé. Lequel avait subitement décidé de se débarrasser des camps de réfugiés qui se trouvaient autour de Goma, à la frontière avec le Zaïre. Selon lui, 800 000 réfugiés avaient été rapatriés et avaient été bien accueillis au Rwanda. Or, d'après mes calculs, il en manquait 500 000. Où étaient-ils ? Les rapports des ONG et des missionnaires qui m'avaient été communiqués étaient formels : des milliers de gens se trouvaient dispersés dans la forêt, après l'attaque des camps pourtant placés sous la protection des Nations unies. Il m'a fallu des mois pour convaincre la communauté internationale de cette réalité. J'ai donc décidé d'aller sur place. De Kinshasa, j'ai pris un avion de la Croix-Rouge pour Tingi Tingi à 250 kilomètres de Goma. À mon arrivée, sur les 500 000 qui manquaient à l'appel, il ne restait plus que 200 000 réfugiés. Et à peine 10 000 ont survécu. Les autres ont sûrement été supprimés. Personne n'a jamais écouté mes appels. J'ai même été prise à partie par la presse anglo-saxonne. Cette expérience a été très dure à vivre. Mais j'étais revenue avec un lot de photos et de vidéos qui m'ont permis de témoigner, preuves en main. Les pays nordiques ont été les premiers à changer d'avis. La France m'a aidée. Les Espagnols aussi. De même que l'Italie, mais elle ne connaissait pas beaucoup l'Afrique noire.

R. H. - Et en septembre 1997 vous partez pour l'Afghanistan, toujours en qualité de Commissaire européen...

E. B. - Nous avions été alertés par les ONG présentes à Kaboul. Selon leurs constatations, on ne voyait plus aucune femme : ni dans les lieux publics, ni dans les rues, ni sur les lieux de travail, ni dans les écoles ou les hôpitaux. Nous avons appris qu'elles étaient cloîtrées dans leurs maisons. Pour nous, c'était une situation inacceptable. À l'époque, tout le monde se réjouissait de l'arrivée des talibans. Je dois dire que j'avais du mal à partager cet enthousiasme. En septembre 1997, la Croix-Rouge m'annonce qu'elle dispose d'un avion reliant Islamabad à Kaboul. Le ministre taliban de la Santé autorise ma visite. Médecins sans Frontières me fait savoir qu'un groupe de femmes, à leurs risques et périls, veulent me rencontrer à l'hôpital de Kaboul. Je m'y rends seule, en priant les journalistes qui m'accompagnent d'attendre dehors. Là, je fais la connaissance d'un groupe de femmes médecins et infirmières qui avaient travaillé à l'hôpital avant d'être renvoyées chez elles par les talibans. L'une d'elles me dit : « Notre vrai problème, ce n'est pas l'alimentation. On ne va pas mourir de faim. Mais ma fille va grandir analphabète. Pour la moitié de la population, c'est cela le vrai problème. » Cette phrase m'a fait réfléchir sur les finalités de l'aide humanitaire : s'agit-il seulement  d'apporter des vivres et des médicaments ?

R. H. - À la suite de cette entrevue, vous avez été séquestrée par les talibans...

E. B. - C'est exact. Des barbus, armés de kalachnikovs, nous ont arrêtés à la sortie de l'hôpital. Nous avons été conduits en prison. Une assez longue attente a commencé, qui n'a heureusement duré que quelques heures. Nous étions nerveux, sans interprète. Dans l'après-midi est enfin arrivé le ministre taliban de la Santé qui s'est excusé. Après bien des palabres, on nous a finalement ramenés au quartier général des Nations unies.

R. H. - Cette équipée a-t-elle eu des conséquences ?

E. B. - Oui. Le 8 mars 1998, à mon initiative, l'Europe a lancé la campagne « une fleur pour les femmes de Kaboul » afin de sensibiliser l'opinion européenne. J'ai aussi rédigé un rapport dans lequel je disais que l'Afghanistan abritait de nombreux camps d'entraînement de terroristes et que les trafics de drogue inondaient le pays. J'ai fait le tour des capitales européennes, mais sans parvenir à faire comprendre qu'outre la ségrégation des femmes il existait d'autres problèmes encore plus graves.

R. H. - Vous avez failli devenir présidente de la République italienne...

E. B. - En janvier 1999, le mandat d'Oscar Luigi Scalfaro touchait à sa fin. Un groupe de femmes a alors lancé une campagne : « Emma for President. » Giuliano Amato (8) a déclaré qu'il était grand temps d'élire une femme. Devant l'étonnement général, il s'est senti obligé de préciser : « Je n'ai pas dit un coléoptère. J'ai dit une femme. » C'est finalement Carlo Azeglio Ciampi qui a été élu.

R. H. - Mais d'autres élections se profilent : les européennes de juin 1999. Alors que vous vous trouvez au Kosovo, vous prenez la décision de monter votre propre liste...

E. B. - J'avais effectivement un million de réfugiés kosovars à gérer en Albanie. J'ai à peine fait campagne. C'est bien Marco Pannella qui a été le moteur de cette campagne et a permis à la « Liste Emma Bonino » de recueillir 2,6 millions de voix représentant 9 % des suffrages et d'obtenir sept sièges à Strasbourg.  Fin juin,  Massimo D'Alema (9) m'a appelée pour m'informer qu'en accord avec Silvio Berlusconi il avait décidé de ne pas me reconduire à la Commission de Bruxelles. À mon retour en Italie, j'étais devenue « transparente ». Impossible de participer au moindre débat public. J'ai perdu les élections suivantes. J'étais tellement désespérée que j'ai décidé de prendre du champ. Tout le monde pensait que j'allais enseigner dans je ne sais quelle université prestigieuse. C'est alors qu'un groupe de femmes tunisiennes m'a invitée à assister au procès pour apostasie d'une grande avocate égyptienne. J'y suis allée et je me suis retrouvée face à une réalité égyptienne que je ne connaissais pas et qui m'a fascinée. J'ai tout lâché pour m'installer au Caire. C'était formidable. J'ai appris l'arabe. Écrire de droite à gauche, cela change les choses ! L'avocate a gagné son procès en appel. Et moi, je suis restée en Égypte jusqu'en 2005 à la fois pour étudier l'arabe et pour militer contre les mutilations génitales féminines : c'est d'ailleurs du Caire, avec la participation de madame Moubarak et de la ministre Moushira Khattab, qu'est partie la campagne internationale Ban FGM (Ban Female Genital Mutilations).

R. H. - Quelle lecture faites-vous des printemps arabes ?

E. B. - Au bout de deux ans au Caire, je me suis lancée dans une revue de presse arabe quasi quotidienne sur Radio Radicale (10). Dans ces années-là, déjà, on avait l'impression de vivre dans une cocotte-minute sous pression. Chaque année, un million de jeunes entraient sur le marché du travail. La chaîne de télévision Al-Jazeera commençait à bouleverser le monde arabe. Les gens se demandaient pourquoi la Turquie évoluait  alors que l'Égypte restait figée. C'est l'époque où les diplomates occidentaux expliquaient que ces États du sud de la Méditerranée étaient des pôles de stabilité. La vérité, c'est que c'étaient des autocraties. Moi, je sentais que cela ne pouvait pas tenir. Soit Hosni Moubarak s'ouvrait aux nouvelles générations, soit c'était l'explosion à brève échéance. Les ambassadeurs n'étaient pas de mon avis. Ils savaient tout de la classe dirigeante, qui se mariait avec qui, où habitaient les uns et les autres. Ils prétendaient qu'il était inutile d'étudier l'arabe parce que les ministres égyptiens parlaient très bien l'anglais. Ces diplomates connaissaient tellement bien le régime qu'ils en oubliaient de regarder le pays réel.

R. H. - À quel signe avez-vous compris qu'un changement était inéluctable ?

E. B. - Jusqu'au milieu des années 1990, les opinions publiques arabes ne recevaient que la voix officielle du régime. La création d'Al-Jazeera a profondément modifié la donne dans la région. D'une manière générale, les nouvelles technologies ont eu un impact considérable. Au fin fond de l'Égypte, l'eau peut encore manquer, mais il y a Facebook et le téléphone portable. La société s'est interconnectée d'une manière telle que les militaires et les contrôles imposés par le régime s'en sont trouvés court-circuités. Après l'attentat de Louxor, qui a fait fuir les touristes, le régime a négocié avec les Frères musulmans et leur a permis d'investir le secteur social et médical. Le parti est resté illégal, mais cette petite ouverture lui a suffi pour s'emparer progressivement de tous les leviers de commande.

R. H. - Quel jugement portez-vous sur la politique de l'Europe à l'égard de la rive sud de la Méditerranée ?

E. B. - Premier point : l'Europe n'existe pas. Certains pays européens ont une idée claire de ce que devrait être cette politique méditerranéenne. Mais personne n'avait vu venir l'explosion des printemps arabes. Parce que Ben Ali et Hosni Moubarak étaient nos meilleurs amis. J'irai même plus loin : ces printemps arabes ont fortement embarrassé les chancelleries européennes. C'est si vrai que votre ministre des Affaires étrangères avait proposé d'envoyer des gendarmes et des policiers pour aider à rétablir l'ordre en Tunisie !
Lors d'un débat auquel j'assistais, notre propre ministre des Affaires étrangères Franco Frattini est allé jusqu'à déclarer : « En Libye, il n'y aura pas de révolte parce que Kadhafi a bien la situation en main grâce aux tribus locales et à son invention d'une nouvelle forme de démocratie. » Nous avons donc subi ces événements, découvrant tout à coup que nos ambassadeurs n'avaient rien compris. Puis, dans un bel ensemble, nous nous sommes mis à parler de Ben Ali et de Moubarak comme des pires dictateurs et nous nous sommes félicités de l'avènement de la démocratie.
Aujourd'hui, tout le monde parle de démocratie arabe : peut-être viendra-t-elle un jour, mais je ne suis pas certaine que ces pays se dirigent dans la bonne direction. Ce qui est sûr, c'est que nous, les Européens, les regardons se débattre dans leurs difficultés avec un sentiment d'impuissance teinté de surprise. L'Égypte est un pays compliqué de 80 millions d'habitants, mais la Tunisie ? Ne me dites pas que nous ne serions pas capables de proposer un projet viable à ce pays de dix millions d'habitants ? Je reste néanmoins confiante pour une raison essentielle : les gens ont appris à réagir et à parler. Pour l'instant, il n'ont appris que cela, mais c'est la chose la plus importante.

R. H. - Vous dites souvent que l'Europe politique n'existe pas. En êtes-vous réellement convaincue ?

E. B. - Absolument. L'Europe est un géant économique, un nain politique et un vermisseau militaire. C'est un ministre belge qui le dit (11) et je partage totalement son point de vue.

R. H. - Lors d'un récent débat au palais Farnèse, organisé à l'occasion du 50e anniversaire du traité de l'Élysée, vous avez confessé votre foi dans le fédéralisme...

E. B. - Je suis, en effet, favorable à un fédéralisme léger, qui mettrait en commun un certain nombre de compétences - la politique étrangère, la politique de défense, la monnaie, le trésor, peut-être aussi l'innovation, la recherche et l'immigration - et qui, pour tout ce qui ne relève pas de ces domaines, laisserait les États libres d'agir à leur guise. Je rêve d'une Europe qui ne s'ingère pas dans notre vie quotidienne, qui ne nous dicte pas ce qu'on doit manger ou la manière dont on doit se comporter, une Europe qui laisse le maximum d'autonomie. Je ne suis pas fédéraliste pour des raisons idéologiques. Il ne s'agit pas de faire de l'Europe un super-État. Mais si quelqu'un a en tête un autre système qui associe démocratie et liberté et qui permette de rassembler 400 millions de personnes, qu'il lève le doigt !
Notes :
(1) Née à Bra (Piémont) le 9 mars 1948, Emma Bonino sort diplômée de l'Université Bocconi en 1972. Entrée en 1975 au Parti radical à la suite de son combat en faveur de l'avortement, elle est élue députée en 1976 à l'âge de 28 ans. Elle est ensuite députée européenne de 1979 à 1988. En 1995, Emma Bonino est nommée Commissaire européenne, en charge notamment des opérations humanitaires (ECHO) - poste qu'elle occupe jusqu'en 1999. Cette année-là, elle présente une liste « Emma Bonino » aux élections européennes de juin 1999 qui arrive en quatrième position avec 9 % des voix. Elle siège au Parlement de Strasbourg jusqu'en 2006, date à laquelle elle entre dans le second gouvernement de Romano Prodi en qualité de ministre du Commerce international puis de ministre des Affaires européennes. À la chute du gouvernement en 2008, elle devient vice-présidente du Sénat. Elle a perdu son siège de sénatrice en février 2013. Elle est, par ailleurs, professeur émérite de l'Université américaine du Caire depuis 2009 et membre du comité exécutif de l'International Crisis Group à Bruxelles.
(2) Monte dei Paschi de Sienne (MPS) : en janvier 2013, la troisième banque italienne est confrontée à une grave crise de liquidités due à l'émission, à partir de 2007, de titres « toxiques » souscrits par des opérateurs étrangers comme la banque Nomura (2 milliards d'euros) ou J.P. Morgan. Au coeur de la fraude se trouve la banque Antonveneta, achetée 9,3 milliards d'euros en 2007 par le MPS au Banco Santander - un prix très largement supérieur aux actifs de cette banque. Malgré une trentaine d'inspections effectuées depuis janvier 2008, la Banque d'Italie n'a jamais soupçonné l'ampleur du scandale, la direction de l'époque ayant caché les comptes réels et produit une fausse comptabilité. En janvier dernier, le parquet de Sienne ouvre une enquête. L'ancienne direction, remplacée l'an dernier, est inculpée pour gestion frauduleuse, agiotage et entrave à l'autorité de contrôle. L'ex-directeur général et l'ex-directeur financier sont envoyés en prison.
Finmeccanica : Giuseppe Orsi, administrateur délégué de ce grand groupe d'aéronautique et d'armement, a été arrêté le 13 février 2013 pour corruption. Selon la presse indienne, il aurait touché de substantiels pots-de-vin d'un intermédiaire douteux dans un contrat de vente conclu en 2010 et portant sur douze hélicoptères militaires AW101 AgustaWestland d'une valeur de 748 millions de dollars qui devaient être livrés d'ici à 2014 aux forces armées indiennes. New Delhi a annulé le contrat de vente et a reporté son choix sur des hélicoptères russes MI-17V-5.
ENI : l'administrateur délégué Paolo Scaroni et plusieurs dirigeants du géant italien du gaz et des hydrocarbures ont été inculpés début février 2013 pour corruption présumée par le parquet de Milan. Des pots-de-vin auraient été versés en 2009 lors de la signature d'un contrat de vente de services dans le domaine de la prospection d'hydrocarbures par la Seipem, filiale de l'ENI, à la société nationale algérienne Sonatrach. L'affaire, assez complexe, met aussi en cause Chakib Khebil, à l'époque ministre algérien de l'Énergie et considéré comme très proche du président Bouteflika. Paolo Scaroni dément avoir jamais eu connaissance du versement de pots-de-vin.
(3) En février 1988 un scandale de pots-de-vin éclate à propos d'un contrat souscrit par les Ferrovie dello Stato (FS-société nationale des chemins de fer). Le milliardaire napolitain Elio Graziano, propriétaire d'une société de fournitures de matériel et président d'un club de football, s'était engagé à approvisionner pendant cinq ans les trains de nuit des FS en draps en tissu jetable pour un montant exorbitant de 80 millions d'euros. L'enquête a révélé que l'administrateur délégué des FS, Ludovico Ligato, touchait 7 200 lires (3,6 euros) par drap versés à sa société. Contraint de se démettre, Ligato, qui était originaire de Reggio de Calabre, a été abattu en 1989 à coups de révolver dans ce qui apparaît comme un règlement de comptes de la N'Drangheta, la mafia calabraise.
(4) En mars 2012, Francesco Belsito, trésorier national de la Ligue du Nord, une formation politique fortement implantée dans le nord de l'Italie et ayant noué une alliance étroite avec Silvio Berlusconi, est arrêté pour détournement de fonds publics. Plusieurs millions d'euros provenant des remboursements par l'État des dépenses électorales du parti ont été utilisés au fil des années à des fins privées, sans rapport avec l'activité politique de la Ligue. L'enquête montre que le fondateur et secrétaire fédéral du mouvement, Umberto Bossi, et l'ensemble de sa famille, ont bénéficié de ces financements illicites. Le clan se faisait rembourser à prix d'or ses loyers, l'achat de puissantes voitures, des notes exagérées dans les restaurants, de prétendues études de l'un des deux fils, Renzo, à l'étranger (on apprendra par la suite qu'il a acheté un diplôme de l'université de Tirana en Albanie), ses contrats d'assurance-vie, ses déplacements en avion et jusqu'aux bonbons dont le jeune Renzo faisait une grande consommation. Le scandale est tel que Bossi est contraint de démissionner le 5 avril 2012 de la direction du mouvement qu'il a animé pendant plus de vingt ans. En mai, il sera inculpé avec ses deux fils Renzo et Riccardo de « dommages à l'État ». Le 1er juillet 2012, le bras droit d'Umberto Bossi est élu secrétaire fédéral du parti.
(5) En 1994, le président de la République avait nommé Emma Bonino chef de la délégation italienne à l'ONU pour le moratoire sur la peine de mort.
(6) Sa rencontre avec Marco Pannella en 1975 marque le début de son engagement en politique. Elle se présente un an plus tard aux élections législatives de 1976 et est élue députée du Parti radical à 28 ans.
(7) Le Centre d'information stérilisation et avortement (CISA), créé par Adele Faccio, recevait et conseillait les femmes qui souhaitaient avorter.
(8) Homme politique considéré comme indépendant des partis politiques. Il a été président du Conseil d'un gouvernement technique d'avril 2000 à mai 2001. Ancien bras droit du leader socialiste Bettino Craxi.
(9) Massimo D'Alema est nommé président du Conseil en juin 1999. Il sera ministre des Affaires étrangères du second gouvernement de Romano Prodi (2006 -2008).
(10) Radio Radicale est la radio du Parti radical.
(11) Déclaration de Louis Michel, ministre des Affaires étrangères de Belgique, en 2001.