Politique Internationale - La Revue n°139 - PRINTEMPS -

sommaire du n° 139
L'AVENIR PROMETTEUR DU TEA PARTY
Article de Évelyne JOSLAIN
Spécialiste des États-Unis et du mouvement conservateur américain.
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The most conservative group of Republican voters - the Tea Party - is gaining ground with each election. Established in 2009 in protest against the Obama administration's fiscal policy, this spontaneous movement advocates a return to the fundamentals of American society, i.e. free enterprise, limited government and strict adherence to the Constitution. Obama was not reelected because of the so-called extremism of this branch of the Republican Party, which supposedly frightened off some of its traditional supporters, but because Mitt Romney was such a weak candidate. The Republicans have formed a makeshift alliance with these "neoconservatives". They have no choice but to join forces if they are to wrest back the country from the Democrats, who are intent on turning the United States into a European-style social democracy. The Tea Party has been lying low recently, but it would not take much - renewed fiscal tightening, tougher gun legislation or a move to legalize illegal immigrants - to spark a new revolt.
Notes :
(1) Grand Old Party (le Vieux et Glorieux Parti), surnom du parti républicain.
(2) Respectivement : Social Security, Medicare, Medicaid et Obamacare.
(3) Un trillion = 1 000 milliards. Unité devenue familière sous Obama.
(4) Repris même par Valeurs Actuelles, 5 décembre 2012.
(5) RINO : Republican In Name Only. Désigne tout républicain qui n'a de républicain que l'étiquette.
(6) Mark Steyn, National Review, 3 décembre 2012.
(7) Pat Buchanan, Human Events, 12 novembre 2012.
(8) John Hayward, Human Events, 8 novembre 2012.
(9) American Recovery and Investment Act (ou Stimulus), Patient Affordable Care Act (ou Obamacare),The Wall Street Reform and Protection Act (ou loi Dodd-Frank, du nom de ses auteurs).
(10) Le complexe politico-mafieux qui relie les universités de la région, les politiciens d'extrême gauche, les Églises militantes noires et les syndicats du public. Voir aussi : Évelyne Joslain, Obama : de la déconstruction de la démocratie en Amérique, Les 4 Vérités, 2009.
(11) Karl Rove, conseiller politique et électoral du parti républicain, est considéré comme l'« artisan » de la brillante campagne de Bush en 2004. Il semble avoir perdu la main depuis 2006 et se trouve à présent vivement critiqué. Il a, en effet, dépensé quelque 400 millions de dollars pour ne faire élire que 7 de ses 30 candidats au Congrès. Il aurait ainsi perdu le Sénat et la présidentielle - tout en ne renonçant pas, pour autant, à sa confortable commission.
(12) Phyllis Schafly est une femme politique née en 1924, très active au service du conservatisme, fondatrice en 1972 d'un groupe de pression influent, le Eagle Forum, et d'une maison d'édition. Cette figure nationale est surnommée la « First Lady du conservatisme américain » depuis la campagne (victorieuse) qu'elle mena dans les années 1970 contre le projet féministe d'inscrire dans la Constitution un amendement qui aurait conféré des privilèges aux femmes par rapport aux citoyens masculins (et non des droits) : le mal nommé Equal Rights Amendment.
(13) « The Buckley Rule », du nom de son auteur, William F. Buckley Jr., fondateur de la National Review et sans doute le plus connu des intellectuels de la renaissance conservatrice. En 1964, Buckley donna comme consigne de toujours choisir « le candidat de droite le plus viable ». Goldwater, désigné par les primaires comme candidat du GOP devant le « RINO » Nelson Rockefeller, démontra sa « viabilité » en défendant la cause conservatrice. Rockefeller n'aurait pas été plus « éligible » face à Lyndon Johnson et c'est par la campagne de Goldwater que le conservatisme vit émerger Ronald Reagan, élu gouverneur de Californie deux années plus tard.
(14) American Enterprise Institute, conférence de Michael Austin, 15 novembre 2012.
(15) Ted Cruz, fils d'immigrés cubains ayant fui le régime de Fidel Castro, élu Tea Party au Sénat fedéral en 2012, est l'une des vedettes montantes du conservatisme constitutionnel. C'est lui qui fut chargé de prononcer le discours inaugural de la convention annuelle conservatrice en mars dernier.
(16) DeMint et Woodward, Why We Whisper : Restoring Our Right to Say It's Wrong, Rowman and Littlefield Publishers, 2008.
(17) Certains gouverneurs Tea Party font particulièrement parler d'eux : Scott Walker surtout (Wisconsin), puis Rick Perry (Texas), Susana Martinez (Nouveau-Mexique), Paul LePage (Maine), Bobby Jindal (Louisiane), Sam Brownback (Kansas)...