Politique Internationale - La Revue n°91 - PRINTEMPS - 2001

sommaire du n° 91
AU NOM DU PERE ...
Entretien avec Joseph KABILA
Président de la République démocratique du Congo depuis janvier 2001.
conduit par
Colette Braeckman
Journaliste
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Colette Braeckman - Monsieur le Président, lorsque vous avez prêté serment devant la Cour Suprême et succédé à votre père, vous étiez encore un inconnu. Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

Joseph Kabila - Je suis né en 1971 à Hewa Bora, à la frontière tanzanienne, dans le maquis de mon père (1). C'est d'abord là que j'ai vécu. Nous sommes ensuite allés en Tanzanie. Mais j'ai également passé du temps en Ouganda, plus précisément dans le maquis de Kasindi, implanté dans le massif du Ruwenzori. En 1996, comme mon père et les combattants de son mouvement, j'ai rejoint l'AFDL (2) et James Kabarebe (3), qui commandait les opérations du côté rwandais. Et c'est ainsi que, en 1997, je me suis retrouvé à Kisangani, lors de la victoire sur les mobutistes. J'ai vu comment les Rwandais se comportaient avec les réfugiés hutus et je me suis dit que nous finirions par avoir la guerre avec ces gens-là… Mais, par la suite, la commission de l'Onu chargée d'enquêter sur le massacre des réfugiés hutus a été empêchée de travailler. Son action a été systématiquement entravée et il était impossible de parler de ces massacres.

C. B. - Accepteriez-vous, aujourd'hui, que l'Onu relance cette enquête ?

J. K. - Bien sûr ! La commission devrait pouvoir revenir au Congo et y travailler librement. Mais force est de constater que cette affaire n'intéresse plus personne. Quant au sort des Congolais, il suscite plus d'indifférence encore. Depuis 1998, la guerre a fait bien d'autres victimes, congolaises celles-là. Une ONG américaine (4) a estimé que 2 500 000 Congolais avaient péri. Seulement, la communauté internationale ne s'en soucie pas. Voilà un génocide dont nul ne s'émeut !

C. B. - Ce sont des accusations très graves…

J. K. - Vous savez, dans les forêts du Kivu, il n'y a ni caméras de CNN, ni témoins. Qui s'intéresse vraiment aux massacres qui ont eu lieu à Makobola, à Kassika ou, plus récemment, à Shabunda ? Il se passe des choses très graves, mais lorsque les Mayi Mayi (5) dénoncent ces atrocités, on y voit de la propagande répandue par les extrémistes hutus (6). Tout se passe désormais comme si, aux yeux de la communauté internationale, le peuple congolais tout entier était devenu Interahamwe (7) !

C. B. - Vous semblez bien connaître les Rwandais. Avez-vous déjà rencontré le président Kagame, qui vous accuse d'abriter quelque 10 000 miliciens interahamwe hutus hostiles à son régime ?

J. K. - Oui, je le connais depuis 1996. Je connais aussi, je vous l'ai dit, le commandant James Kabarebe, avec lequel j'ai combattu. Certains prétendent que le Congo protège les Interahamwe. C'est absolument faux. Un jour, j'inviterai les représentants de la communauté internationale à rechercher les Interahamwe sur notre territoire et chacun pourra constater qu'il n'y en a pas au Congo. Contrairement à ce qui a été dit, ils n'ont pas été intégrés dans notre armée. Cette accusation n'est qu'un prétexte invoqué pour justifier la poursuite de la guerre. La réalité, c'est que le peuple congolais est victime de la négligence de la communauté internationale. Quant à la vraie raison de ce conflit, elle est à chercher du côté de nos richesses en matières premières : l'or, le diamant, le bois précieux, des minerais comme le colombo-tantalite (8)…

C. B. - Vous avez été le fils d'un révolutionnaire et avez grandi dans le maquis. Quels enseignements avez-vous tiré de cette expérience ?

J. K. - Ce n'était pas toujours facile. Mon père parlait tout le temps de politique, de la nécessité de libérer le pays. Il n'était question que de cela, et il n'était pas souvent présent. Pour la famille, c'était parfois dur. Notre père n'était pas comme les autres, seule la lutte politique comptait pour lui. C'est seulement par la suite, dans les années 80, que je l'ai mieux compris. J'ai alors pris conscience de la nécessité de lutter contre Mobutu et j'ai trouvé que le combat de Laurent-Désiré Kabila contre Mobutu et contre le mobutisme dans son ensemble était justifié. La valeur la plus importante qu'il m'ait léguée, c'est le patriotisme. Et comme l'a si bien dit ma mère lors des funérailles, nous sommes et nous demeurerons les disciples de Laurent-Désiré Kabila.

C. B. - Votre mère est donc bien la dame que l'on a découverte au moment de l'enterrement ? Tant de choses ont été dites à ce sujet…

J. K. - Oui, c'est elle. Elle appartient à la tribu des Bango Bango, dans le Maniéma, à l'Est du pays. Les chefs de cette tribu peuvent en témoigner. Malheureusement, je n'ai jamais pu me rendre dans le village de ma mère. Lorsque Mobutu était au pouvoir, c'était tout bonnement impossible. Il était prévu que j'y aille en 1998, mais c'est alors qu'a éclaté la deuxième guerre. Et maintenant, cette région se trouve sous le contrôle des forces rebelles. Lorsque le Congo sera réunifié, j'espère bien découvrir, enfin, le village natal de ma mère. Ce sera certainement l'occasion d'une grande fête.

C. B. - Quelles sont vos priorités du moment ?

J. K. - Tout d'abord, faire la paix, sans laquelle aucune reconstruction n'est possible. Nous voulons recouvrer notre souveraineté sur l'ensemble de notre territoire, rétablir l'autorité de l'État, remettre de l'ordre. Ma seconde priorité, c'est évidemment la situation sociale — donc l'économie — qui est dramatique dans l'ensemble du pays, et particulièrement dans les provinces occupées. Prenons l'exemple de la région de l'Équateur. Avant la guerre, son approvisionnement était assuré, depuis Kinshasa, par le fleuve. Les gens y sont désormais privés de tout. Ils manquent de vêtements et de sel. Ils doivent aller chercher les marchandises en traversant la forêt, jusqu'à Bunia, à la frontière ougandaise. Dans certaines régions, les gens sont nus… Dans le même temps, les appareils rwandais et ougandais poursuivent leurs navettes entre leurs États respectifs et les zones occupées de l'Est du Congo. Mais ces avions ne débarquent que des armes, des munitions et des soldats. Puis ils repartent chargés de café et de bois. Les populations locales, naturellement, ne reçoivent aucune aide. Nous avons prévu, pour notre part, des mesures sociales d'urgence pour ces régions.

C. B. - Vous bénéficiez d'une forte popularité, surtout auprès des jeunes. Vous considérez-vous comme le porte-parole ou le représentant d'une nouvelle génération ?

J. K. - Il ne s'agit pas uniquement d'une question de génération. Certes, les jeunes doivent apporter leur contribution, mais l'expérience des aînés compte aussi. Vous savez, le Congo est un pays extrêmement complexe où coexistent des centaines d'ethnies. C'est bien plus difficile à gérer qu'un État qui ne compte que deux ou trois groupes, les Hutus et les Tutsis par exemple. En outre, la RDC est aujourd'hui coupée en deux.

C. B. - Dans le discours prononcé après votre prestation de serment, vous avez décidé de libéraliser la vie politique. Comment allez-vous vous y prendre pratiquement ? On vous presse d'abroger le fameux décret 194, qui pose des conditions très strictes à la reconnaissance des partis politiques (9).

J. K. - Il est trop tôt pour donner une réponse complète à ce problème qui est très complexe. Jadis, en effet, vers la fin de l'ère Mobutu, nous avions plus de 400 partis politiques. Je ne veux plus qu'une telle situation se reproduise. Il faut rétablir l'ordre dans ce pays. Pour moi, les partis politiques ne peuvent être fondés sur la représentation d'une seule ethnie ou d'une seule région. Ils doivent avoir un caractère national, être présents dans l'ensemble du pays, de Kisangani à Gbadolite, de Lisala à Libenge et à Kinshasa… Or le pays est actuellement sous occupation et, dans les régions où se trouvent les armées du Rwanda et de l'Ouganda, les gens ne sont pas libres, les partis ne peuvent se constituer librement. Je suis d'accord pour libéraliser, mais cette ouverture doit-elle se faire uniquement dans les zones contrôlées par le gouvernement ?

C. B. - Allez-vous créer votre propre parti politique, et démanteler les Comités de pouvoir populaire, ces organisations de masse inspirées de l'exemple libyen qui, dans tous les quartiers, ont pour fonction d'encadrer et de mobiliser la population ?

J. K. - Cette question est prématurée. Mes collaborateurs travaillent sur ce sujet…

C. B. - Vous avez promis l'ouverture politique. Qu'entendez-vous précisément par là ?

J. K. - Comme le président Kabila, je répète que tous les Congolais qui se trouvent encore en exil peuvent revenir. Nul ne peut les en empêcher. Mais, à mon sens, le dialogue ne se réduit pas à l'organisation d'une table ronde autour de laquelle on se partagerait le gâteau. Ce qui compte, c'est de donner au peuple congolais le pouvoir de décider. Il faut donc préparer des élections, qui doivent évidemment avoir lieu dans l'ensemble du pays. Ce qui suppose que les troupes d'agression quittent le Congo. Comment pourrait-on parler d'élections libres alors qu'il y a des troupes ougandaises à Zongo et des Rwandais près de Pweto, au Katanga ?

C. B. - Pourriez-vous vous présenter comme candidat aux prochaines élections présidentielles ?

J. K. - Rien n'est encore décidé à ce sujet. Voyez-vous, je ne suis pas attaché aux honneurs, politiques ou autres. Je ne serai satisfait que lorsque le Congo sera à nouveau réunifié. Je veux poursuivre l'œuvre de mon père, reconstruire ce pays, y remettre de l'ordre… Quant à la commission d'enquête chargée d'établir les responsabilités dans la mort de Laurent-Désiré Kabila, je peux vous dire qu'elle a toute liberté pour travailler. Quelles qu'en soient les conséquences, elle ira au bout de ses investigations. Il faut que la vérité éclate. Ses travaux ne m'empêcheront pas, non plus, d'aller de l'avant sur le plan politique. Chacun pourra être appelé à témoigner, y compris des ministres en fonction.

C. B. - Du temps de votre père, la situation des droits de l'homme était préoccupante dans votre pays. Que comptez-vous faire pour y remédier ?

J. K. - Nous avons connu, en effet, certains problèmes. Il n'empêche : le bilan est meilleur en zone gouvernementale que du côté des rebelles. Ce qui se passe dans l'Est du Congo me touche beaucoup. J'ai le sentiment qu'il existe, dans cette partie du pays, une volonté d'exterminer systématiquement la population. Sinon, comment expliquer la mort de deux millions de personnes ? Je compte organiser, à Kinshasa, une grande conférence consacrée aux droits de l'homme. Et je souhaite que cette conférence ne se contente pas de déclarations théoriques. Elle devra formuler des conclusions claires, dont nous pourrons tirer les enseignements afin, notamment, d'éduquer nos services de sécurité, de leur apprendre à mieux respecter les droits des gens. L'un de mes objectifs est de reconstruire un État de droit. Vous verrez qu'après cette conférence tout va changer, très rapidement. Cela dit, des mesures importantes ont d'ores et déjà été prises. Les civils, par exemple, échappent désormais à la juridiction des tribunaux militaires.

C. B. - Le fédéralisme peut-il représenter une solution pour votre pays ?

J. K. - J'y suis opposé tant que la RDC demeure divisée. Je redoute tout ce qui pourrait menacer l'unité du pays. Je sais que les Rwandais emmènent à Kigali des Bami, des chefs traditionnels du Kivu. J'ai bien peur qu'ils ne les endoctrinent et ne les contraignent à proclamer la sécession du Kivu, sous couvert de fédéralisme. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas question pour moi d'abandonner le Kivu. Nous devons récupérer cette province, comme toutes les autres d'ailleurs. D'aucuns estiment que le Congo est trop vaste et nourrissent des projets de division ou de morcellement. Je récuse vigoureusement ce point de vue. La restauration complète de l'intégrité territoriale de la RDC est, naturellement, notre premier objectif. Elle ne saurait faire l'objet de la moindre négociation. Notre position est simple : nous exigeons le retrait total des troupes d'agression, qui pourrait être le prélude d'une conférence régionale sur la stabilisation et le développement. C'est dans ce cadre que les différentes questions pourraient, enfin, être traitées de manière globale. De même, c'est l'ensemble de la région qui a besoin de démocratisation. Pas seulement le Congo, mais aussi le Rwanda et le Burundi.

C. B. - Les accords de Lusaka, signés en juillet 1999 (10), subordonnent le retrait des troupes étrangères à l'ouverture d'un dialogue politique entre le gouvernement congolais et les mouvements d'opposition, armés et non armés. Qu'en pensez-vous ?

J. K. - Il s'agit, à mes yeux, de deux questions distinctes. Au nom de quoi faudrait-il subordonner le départ des armées rwandaise et ougandaise, que nous n'avons jamais invitées chez nous, à la tenue de pourparlers intercongolais ? S'accommoder de leur présence, ce serait accepter la loi de la jungle !

C. B. - Avez-vous le sentiment que la position de votre pays est mieux comprise à l'étranger, en particulier en Afrique et en Europe ?

J. K. - Mes interlocuteurs africains semblent bien timides : tous comprennent que l'Ouganda et le Rwanda n'ont rien à faire dans notre pays et devraient se retirer, mais nul n'ose le dire ouvertement. Comment ne pas y voir une certaine hypocrisie ? J'ai dit clairement à Kagame qu'il serait vain de parler d'unité africaine tant que son armée couperait le Congo en deux ! Pour ce qui concerne les pays européens, je voudrais que la Belgique s'engage dans le processus de médiation. En vertu de nos liens historiques, la Belgique a le devoir d'agir. Elle ne peut se contenter de demeurer spectatrice… Quant à la France, elle nous a défendus au Conseil de sécurité (11). Je crois qu'elle a bien compris la situation.

C. B. - Qu'entendez-vous par là ?

J. K. - A plusieurs reprises, par exemple lors du sommet franco-africain de Yaoundé, Paris a démontré qu'il saisissait bien les problèmes de la région. J'ai pu à nouveau le constater lors de ma rencontre avec le président Chirac, en janvier. La France est consciente que le Congo est victime d'une agression. Les autres pays le savent aussi bien qu'elle, mais ils se montrent timides, comme s'ils étaient encore paralysés par leur culpabilité à l'égard du Rwanda. Je ne vois pas, pour ma part, pourquoi les Congolais devraient souffrir du génocide commis au Rwanda… Et je me réjouis que la France, avec une longueur d'avance sur les autres, ait pris la défense du Congo.

C. B. - Lors de vos entretiens avec M. Prodi et les représentants de l'Union européenne, vous n'avez pas obtenu que soit débloquée l'aide structurelle prévue pour votre pays. L'UE a maintenu une conditionnalité assez stricte. Avez-vous été déçu ?

J. K. - Déçu, pas vraiment. Mais je suis perplexe. Car, enfin, l'aide de l'Union européenne a été suspendue en 1992, à la suite des événements de Lubumbashi. Il s'agissait à l'époque de sanctionner le régime Mobutu. Depuis lors, Mobutu est mort, le régime a changé, le président Kabila est décédé également et nous nous trouvons face à une nouvelle situation. Or l'Union européenne maintient ses sanctions !

C. B. - Les Européens, vous le savez comme moi, lient leur aide à l'ouverture du dialogue intercongolais...

J. K. - …qui aura lieu, c'est prévu ! Ce qui nous intéresse, c'est la paix et la démocratie. Cela étant, avec ou sans dialogue, les besoins de notre population sont immenses et il convient d'y répondre sans tarder. Nous souhaitons simplement une assistance au décollage, qui nous permettra de faire démarrer notre économie, aujourd'hui en ruine. Ensuite, nous avancerons tout seuls, grâce à nos ressources matérielles et humaines. Et, naturellement, nous ferons appel aux investissements étrangers dont nous avons le plus grand besoin.

C. B. - Lors du dialogue intercongolais, certains mouvements d'opposition demanderont que les élections aient lieu dans un délai de cinq ans. Quelle sera votre position ?

J. K. - Cinq ans, ça me paraît vraiment excessif. La population est, d'ores et déjà, prête à choisir elle-même ses dirigeants. Depuis 1960, il n'y a plus d'élections libres dans ce pays, et l'on voudrait nous faire attendre encore cinq années ! Non, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse aller aux urnes dans un délai de 18 à 24 mois. Évidemment, nous aurons besoin d'un appui logistique afin de pouvoir organiser le scrutin correctement. Et toutes les troupes étrangères devront avoir quitté le territoire national. Ceux qui préconisent d'attendre cinq ans voudraient s'accrocher au pouvoir, sans s'exposer à la sanction populaire. Le peuple refuse cette manœuvre et entend, tout comme moi, retrouver rapidement le chemin de la paix et de la démocratie.


Cet entretien a été réalisé par Colette Braeckman pour Politique Internationale et
Le Soir (Bruxelles).

Notes :

(1) Hewa Bora : après l'échec des rébellions contre Mobutu dans les années 60, Laurent-Désiré Kabila et les révolutionnaires du PRP (Parti pour la révolution populaire) avaient ouvert un maquis sur la frontière tanzanienne. Sans être réellement inquiétées par l'armée de Mobutu, 300 000 personnes vivaient là en autarcie, subsistant, notamment, grâce à l'exploitation des mines d'or de la région. Ce maquis fut démantelé en 1985-1986 et la famille Kabila s'installa alors en Tanzanie.
(2) En septembre 1996, lors de la première guerre du Congo, sous la houlette du Rwanda et de l'Ouganda et avec l'appui militaire de ces deux pays, une coalition rassemblant des rebelles lumumbistes et des Tutsis congolais s'était formée. Laurent-Désiré Kabila, qui dirigeait le Parti pour la révolution populaire, fut choisi comme porte-parole de ce mouvement, l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo. L'objectif de l'AFDL était de démanteler les camps de réfugiés hutus situés à la frontière du Rwanda, de sécuriser la frontière et, à terme, de chasser Mobutu.
(3) James Kabarebe, un Tutsi rwandais proche du président Paul Kagame, dirigeait les opérations militaires de la première guerre du Congo et fut ensuite nommé chef d'état-major de la nouvelle armée congolaise avant d'être « remercié » par le président Kabila en juillet 1998 et d'entamer la deuxième guerre du Congo quelques jours plus tard.
(4) Il s'agit de l'International Rescue Committee.
(5) Les forces de résistance populaire du Kivu, ou Mayi Mayi, sont des groupes de jeunes qui luttent contre les armées rwandaise et ougandaise présentes dans l'Est de la RDC. Certains sont structurés politiquement et aidés en sous-main par Kinshasa ; d'autres s'apparentent plutôt à des milices armées pratiquant le banditisme. Nombre d'entre eux partagent l'idéologie des miliciens hutus, fondée sur la haine ethnique. Leur nombre exact n'est pas connu, mais il est évalué à plusieurs milliers d'hommes en armes et des dizaines de milliers de sympathisants, qui s'opposent à la présence de troupes étrangères et ne souhaitent pas la sécession du Kivu, mais le rétablissement des liens avec Kinshasa. Le nom Mayi Mayi (« eau » en swahili) vient du fait que dans la tradition régionale, les combattants s'aspergeaient d'eau avant le combat, ce qui était censé les rendre invulnérables…
La deuxième guerre du Congo s'est traduite par plusieurs massacres de grande ampleur parmi les civils. Le Rassemblement congolais pour la démocratie (opposition armée au gouvernement de Kinshasa), ainsi que ses alliés rwandais et ougandais, reprochent à la population sa complicité avec les groupes armés hutus et les résistants congolais locaux (Mayi Mayi).
(6) Lorsque les représentants des Églises, de la société civile et des organisations de défense des droits de l'homme dénoncent ces massacres, les Rwandais et leurs alliés les accusent de partager l'idéologie des miliciens hutus Interahamwe, responsables du génocide rwandais de 1994.
(7) Miliciens hutus, responsables du génocide de 1994, et pour partie réfugiés en RDC depuis l'accession au pouvoir du FPR à Kigali. Cf. l'entretien accordé par le président rwandais Paul Kagame au quotidien Libération le 13 mars 2001.
(8) Minerai utilisé dans les alliages légers, notamment dans l'aéronautique.
(9) Les partis doivent, notamment, être représentés dans l'ensemble du pays et déposer une caution de 300 000 dollars lors de leur demande d'agrément.
(10) L'accord de paix de Lusaka a été signé par la RDC, le Zimbabwe, l'Angola, la Namibie, l'Ouganda et le Rwanda. Il a ensuite été ratifié par les trois mouvements armés de l'opposition congolaise. Il prévoit un cessez-le-feu, le retrait des troupes étrangères, le déploiement d'une force de maintien de la paix et un accord intérieur sur de nouvelles institutions et un partage démocratique du pouvoir.
(11) La France a, notamment, rappelé la surmortalité observée dans l'Est du pays, où « le droit à la vie est largement bafoué ». Voir le compte-rendu de l'intervention du représentant de la France au Conseil de sécurité des Nations unies le 28 novembre 2000, sur le site www.un.org/news.