Politique Internationale - La Revue n°93 - AUTOMNE - 2001

sommaire du n° 93
DEMOCRATISER LE PAKISTAN
Entretien avec Benazir BHUTTO
Ancien premier ministre du Pakistan
conduit par
Hélène DA COSTA
Journaliste à Radio France Internationale.
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En esta entrevista concedida a Hélène da Costa, la antigua primer ministro paquistaní denuncia la militarización creciente de su país, desde el golpe de estado del general Mucharraf en 1999. A su parecer, los dirigentes de Islamabad no se contentan con ser ilegítimos y no representativos sino que, además, atacan a los partidos de oposición e instrumentalizan la justicia sin la más mínima vergúenza. El «país de los píos» está gangrenado por la corrupción y la arbitrariedad gubernamental. Además, los servicios de inteligencia del ejército (ISI) han favorecido al régimen opresivo y obscurantista de los talibanes, lo que ha reforzado la influencia de los extremistas religiosos en Pakistán. La crisis internacional provocada por los atentados del 11 de septiembre en Estados Unidos ofrece a Islamabad la ocasión de revisar su política afgana y de realizar, en el interior, una gran limpieza antiislamista. El futuro de Pakistán depende de la «destalibanización» y de su democratización. Sólo queda por saber si el general Mucharraf, ante una opinión pública profundamente divida, dará prueba de valentía y se apoyará en las fuerzas democráticas contra los «elementos duros» del ejército.

Notes :

(1) Le général Moucharraf, qui a pris le pouvoir à la suite d'un coup d'État le 12 octobre 1999, a organisé en 2001 des élections locales qui se sont étalées sur huit mois. Bien que les candidats favorables à l'armée aient remporté la plupart des sièges, le Parti du peuple pakistanais de Benazir Bhutto détient désormais la grande majorité des postes de maires et de maires-adjoints dans sa province, le Sindh, ainsi que dans certaines régions du Pendjab, province la plus peuplée du pays.
(2) En septembre 1997, quatre comptes appartenant à Benazir Bhutto et à des membres de sa famille ont été bloqués, dans des banques suisses, à la demande du gouvernement de Nawaz Sharif. Benazir Bhutto a toujours nié que les sommes incriminées — entre 50 et 80 millions de dollars — soient des revenus de la corruption.
(3) En décembre 1985, le général président Zia Ul-Haq avait levé la loi martiale. En août 1988, il succombait dans un « accident d'avion » jamais élucidé.
(4) Le sommet d'Agra (Inde) qui a réuni, les 15 et 16 juillet 2001, le président pakistanais, Pervez Moucharraf, et le premier ministre indien, Atal Behari Vajpayee, s'est terminé sur un échec. Aucune déclaration commune n'a même été publiée, les discussions ayant achoppé sur la question du Cachemire.
(5) Aux termes de l'accord de Simla, du 3 juillet 1972, la ligne de cessez-le-feu établie au Cachemire à l'issue du premier conflit indo-pakistanais a été rebaptisée « ligne de contrôle » après des ajustements mineurs. Les deux frères ennemis se sont engagés à ne pas la remettre en cause unilatéralement, quelles que soient leurs divergences.
L'Azad Cachemire, contrôlé par les Pakistanais, compte trois millions d'habitants sur un tiers du territoire cachemiri. La population du Cachemire indien, plus grand et plus riche, est de 9 millions d'habitants.
(6) Vingt-trois formations opposées à la présence indienne au Cachemire se sont regroupées au sein de l'APHC (All Party Hurryat Conference) en 1992.
(7) A l'occasion de l'inauguration de la première liaison par autobus entre l'Inde et le Pakistan, Atal Behari Vajpayee a effectué une visite historique à Lahore, au Pakistan, le 20 février 1999. Aux termes de la Déclaration de Lahore, le premier ministre indien et son homologue pakistanais ont manifesté leur volonté de réduire le risque de conflit nucléaire et d'intensifier leurs efforts pour résoudre la question du Cachemire. C'était la première visite au Pakistan d'un chef de gouvernement indien depuis dix ans.
(8) Du 9 mai au 12 juillet 1999, une vaste offensive indienne contre des « islamistes » — épaulés par l'armée pakistanaise — infiltrés dans la région de Kargil (Cachemire sous contrôle indien) a fait plus de mille morts. Il a fallu l'intervention personnelle du président Clinton auprès du premier ministre pakistanais, Nawaz Sharif, pour que les assaillants battent en retraite, ce qui a permis d'éviter le déclenchement d'une quatrième guerre indo-pakistanaise.