Politique Internationale - La Revue n°93 - AUTOMNE - 2001

sommaire du n° 93
L'ITALIE EN EUROLAND
Entretien avec Mario BALDASSARRI
Vice-ministre italien de l'Economie et des Finances. Economiste.
conduit par
Richard Heuzé
Correspondant du Figaro à Rome
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A deux mois du passage à l'euro, le ministre italien des Finances, répondant aux questions de Richard Heuzé, se livre à une revue de détail de l'économie de son pays. Même si, comme partout, des difficultés d'adaptation sont à attendre, Mario Baldassarri estime que ses concitoyens sont prêts à affronter avec succès cette échéance historique. Depuis trois ans, la lente érosion de l'euro face au dollar n'est pas, selon lui, le signe d'une faiblesse intrinsèque de la monnaie européenne mais simplement le reflet du dynamisme de l'économie américaine. Il faut, affirme M. Baldassarri, que l'Europe se donne les moyens de se développer indépendamment du reste de la planète, en toute autonomie. Pour cela, elle doit se débarrasser des pesanteurs bureaucratiques et étatiques qui entravent sa croissance. De ce point de vue, l'Italie paie le prix de cinq ans de gestion de centre gauche. Elle a de nombreux progrès à faire, notamment en matière de réduction des déficits publics.

Notes :

(1) En 2001, la dette publique s'élève à 107 % du PIB.
(2) Le Pacte de stabilité impose à l'Italie d'annuler son déficit public en 2003 et de ramener à cette date son endettement à 100 % du PIB. Ces deux objectifs figurent dans le projet de loi de programmation économique et financière (DPEF), une sorte de plan quinquennal 2001-2006 adopté à la mi-juillet en conseil des ministres. L'aggravation des comptes hérités du gouvernement précédent contraindra sans doute le gouvernement Berlusconi à réviser à la hausse l'objectif de déficit public pour 2001, actuellement fixé à 0,8 % du PIB. En revanche le ministre de l'Économie Giulio Tremonti s'est engagé à respecter les deux objectifs à moyen terme concernant le déficit et la dette. S'agissant de celle-ci, le DPEF prévoit qu'elle soit ramenée à 103,2 % du PIB en 2002, 100 % en 2003, 97,9 % en 2004, 95,5 % en 2005 et 92,8 % en 2006. Après 2003, le solde des administrations devrait correspondre à l'excédent « primaire » fixé à 5,79 % du PIB pour 2004, 5,64 % pour 2005 et 5,44 % pour 2006.